AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives
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Vue du parc national du mont Kenya

Christian Lambrechts

Towards sustainable management and conservation of forests and woodlands in Eastern Africa

En réponse aux besoins croissants en bois de chauffage, l’électrification des zones rurales est encouragée dans certains pays, notamment en Ouganda. Cependant la population rurale pauvre ne peut se permettre d’investir dans l’achat d’appareils électriques ni de payer des factures d’électricité. •

Vers une gestion et une protection durables des forêts et zones boisées d’Afrique orientale Parallèlement aux réformes institutionnelles et de politiques forestières nationales, des efforts sont entrepris au niveau national, sous-régional et international pour préserver les ressources forestières et réduire les pressions sur les écosystèmes forestiers. Des programmes de reconstitution des forêts sont en cours de mise en œuvre dans le cadre d’arrangements financiers établis par le Protocole de Kyoto. Par exemple, les programmes de régénération des zones dégradées des forêts du parc national de Mount Elgon et du parc national de Kibale (Ouganda) sont mis en place conjointement par le gouvernement ougandais et un consortium de production d’énergie néerlandais (NEMA, 1999). En réponse aux besoins croissants en bois de chauffage, l’électrification des zones rurales est encouragée dans certains pays, notamment en Ouganda. Cependant la population rurale pauvre ne peut se permettre d’investir dans l’achat d’appareils électriques ni de payer des factures d’électricité. Parmi les solutions de rechange prévues pour répondre aux besoins en énergie figure la promotion de l’établissement de parcelles boisées. La réussite de ces efforts dépendra largement des améliorations du régime foncier et de la prise de conscience du manque croissant de terres arables. Les techniques d’agroforesterie sont introduites avec succès, leur objectif étant d’augmenter la productivité agricole et les avantages économiques. Ces techniques ont été adoptées par de nombreux agriculteurs kenyans et des espèces d’arbres multifonctions fournissent désormais des nutriments végétaux, de la nourriture pour le bétail, des poteaux de construction, du bois de chauffage et du bois d’œuvre. Malheureusement, pour diverses raisons, y compris l’incapacité institutionnelle et le manque de fonds, tous les domaines ne sont pas couverts. Des efforts sont également entrepris pour améliorer la durabilité de l’industrie de la sculpture sur bois, en décourageant l’utilisation d’espèces menacées tout en protégeant les moyens de subsistance de millions d’artisans (Encadré 2d.5).

Encadré 2d.5 Sculpture sur bois au Kenya—pour une subsistance et un
environnement durables

Très répandue et florissante, l’industrie kenyane de sculpture sur bois contribue à la déforestation des zones boisées du fait d’une collecte sélective. Les quatre espèces les plus communément utilisées sont Dalbergia melanoxylon,Brachylaena huillensis, Combretum schumannii et Olea africana. Les sculpteurs se rendent compte de la menace que ceci pose à l’environnement et à leurs propres moyens de subsistance, et ont identifié des espèces d’arbres à croissance rapide, dont la culture est largement répandue, notamment le neem, le jacaranda, le grévilléa et le manguier, comme autres sources de matériaux.Ces espèces peuvent être récoltées sans endommager l’environnement et leur utilisation pour la sculpture sur bois génère des revenus supplémentaires pour les fermiers qui les cultivent pour leurs fruits ou à d’autres fins.Cependant, elles doivent être traitées avant d’être sculptées, et des mesures incitatives doivent être offertes aux sculpteurs pour leur faire abandonner leurs habitudes. Le WWF a lancé une campagne de sensibilisation auprès des consommateurs, afin d’encourager les touristes et les populations locales à acheter des produits fabriqués à partir de bois produit de façon écologiquement viable.Une étude est en cours sur la possibilité d’une certification qui faciliterait le changement, afin d’assurer la survie des sculpteurs et de protéger l’environnement.

Source: Cunningham 2001

En complément à une révision des politiques, des statuts juridiques et des réglementations, certains pays de la sous-région ont établi, ou sont en train d’établir, des programmes ou plans d’action forestiers, comme structures principales de régénération et d’expansion du couvert forestier. Djibouti, l’Ethiopie, l’Erythrée, le Kenya, la Somalie et l’Ouganda ont établi des critères et des indicateurs de gestion durable de la forêt via le Processus pour les zones arides d’Afrique, et certaines zones de forêt d’Ethiopie et du Kenya sont soumises à des plans de gestion. Le Burundi et le Rwanda ne sont pas encore dotés de telles mesures de gestion (les guerres et les troubles civils ayant empêché ce genre d’activités). Cependant, ces deux pays possèdent de forts pourcentages de forêts dans des zones protégées (respectivement 30 et 76 pour cent) (FAO, 2001a). Les besoins de certaines communautés kenyanes en bois de chauffage, pieux, bois de sciage, panneaux à base de bois, pulpe et papier sont en grande partie satisfaits par des efforts de reboisement et de reconstitution des forêts au niveau industriel/commercial et au niveau des ménages. Le Rwanda possède le plus vaste réseau de plantations forestières de la sous-région et ces plantations permettent de satisfaire à certains des besoins en bois d’œuvre de la population locale.