AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

CONCLUSION

Le littoral africain possède des ressources naturelles abondantes et diversifiées et des écosystèmes extrêmement productifs qui protègent et stabilisent la côte physique, régulent les gaz atmosphériques mondiaux et renouvellent les substances nutritives. La beauté naturelle du littoral et l’abondance de ses ressources ont attiré de nombreux touristes et migrants ces dernières années. Les populations locales dépendent fortement des ressources côtières, telles que les palétuviers, pour le bâtiment, la médecine et l’alimentation, ainsi que pour la subsistance ou le commerce à petite échelle. Les communautés vivant dans les terres peuvent désormais accéder à ces ressources et la demande liée à certains types d’aliments, ainsi que leur prix, sont suffisants pour soutenir les industries nationales de pêche. Celles-ci, associées aux autres industries (notamment le pétrole, le gaz et le tourisme) contribuent largement aux économies nationales des pays côtiers africains. Les ressources côtières et marines ont donc une importance écologique, sociale et économique capitale, au niveau local comme au niveau mondial.

L’abondance des ressources naturelles et les débouchés économiques ont entraîné des taux de migration et d’urbanisation très élevés et ont favorisé le tourisme, ainsi que le développement en Afrique sur les 30 dernières années. Le logement et les infrastructures urbaines, les sites industriels, les ports, les activités agricoles, les hôtels et les installations de loisirs se sont multipliés et ont créé des activités telles que l’exploitation du sable, du calcaire et du corail en tant que matériaux de construction. Ces pressions se sont combinées pour déstabiliser la zone côtière, augmenter l’érosion, étouffer les habitats, diminuer les ressources, polluer les écosystèmes et réduire la diversité biologique en Afrique. Les conséquences de ces effets sont la baisse des débouchés économiques et l’augmentation de la pauvreté au sein des populations côtières dépendantes des ressources naturelles. Les niveaux de pollution menacent également la santé publique, de façon directe par l’exposition aux polluants dans les eaux côtières des lieux de vacances populaires et de façon indirecte par l’accumulation de toxines dans les fruits de mer. Ce schéma de surexploitation et d’accumulation des déchets va probablement se poursuivre, voire s’aggraver, dans l’avenir.

L’Afrique est confrontée à un défi : utiliser ses ressources de façon responsable, afin que le développement économique puisse être atteint sans détruire les ressources sur lesquelles il repose. La GIZC est l’un des outils disponibles pour ce faire et de nombreux pays côtiers africains en ont adopté le principe. Toutefois, sa mise en application dans de nombreux pays a été entravée par le manque de ressources humaines et financières, par l’absence de programmes de surveillance et de données scientifiques, ainsi que par la fragmentation institutionnelle et l’absence de mécanismes de coopération et de modèles de développement intégrés. De la même façon, même si des traités internationaux, tels que la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et la MARPOL, ont été signés, ils resteront inefficaces tant que l’engagement n’aura pas été pris de garantir l’application de sanctions en cas de non-respect.