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| Figure 2c.6 Volumes de pêche de poissons marins en Afrique occidentale (1972–97) FAO |
Les petits poissons pélagiques (harengs, sardines et anchois) sont les espèces les plus abondantes sur la côte d’Afrique occidentale et représentent pratiquement la moitié des prises en 1994 (Figure 2c.6). Les prises ont augmenté en moyenne de 20 pour cent par an depuis les années 1950 sous la pression des politiques nationales de développement des activités de pêche. Le nombre total de prises dans les réserves de poissons benthiques sur le plateau continental de Mauritanie a chuté de presque deux tiers entre 1984 et 1992, ce qui pourrait refléter un changement de la stratégie de pêche. On estime que les ressources benthiques en Mauritanie, au Sénégal et en Gambie sont entièrement exploitées ou surexploitées. Dans les eaux du Cap-Vert, la ressource la plus importante est le thon et des données récentes indiquent que les ressources de pêche au Cap-Vert ne sont pas entièrement exploitées. Dans la partie occidentale et centrale du golfe de Guinée, les prises potentielles de crevettes sont estimées à 4 700 tonnes, chiffre supérieur au niveau durable maximum (FAO, 1997).
Depuis la fin des années 1980, les forces du marché ont conduit les flottes étrangères à venir pêcher dans ces eaux, au détriment des pays locaux. Ainsi, des accords de pêche entre certains pays africains et l’Union européenne ont été mal négociés car les gouvernements africains ont besoin de devises étrangères et de capitaux. Les réserves de poissons commerciaux ont considérablement baissé et d’autres espèces, telles que les dauphins, les requins et les tortues marines, ont également été affectées et sont de moins en moins abondantes (WWF, 2001b).
Le Bénin, la Côte-d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Togo ont signé la CNUDM qui protège les zones d’exploitation et les droits relatifs à la pêche au niveau national et international. Toutefois, des ressources supplémentaires sont nécessaires pour mettre en application ces règlements et pour poursuivre les personnes qui les transgressent. La Guinée-Bissau, la Mauritanie et le Sénégal ont pris des mesures supplémentaires pour protéger leurs zones de pêche et la Mauritanie interdit toute pêche dans le parc national du Banc d’Arguin, à l’exception de la pêche traditionnelle sur des bateaux sans moteur pratiquée par les populations locales. La Guinée-Bissau est en train de créer le parc national Joao Viera/Poilao dans l’archipel des Bissagos pour offrir un refuge aux tortues vertes, dauphins, requins, raies et oiseaux aquatiques migrateurs. Le Sénégal doit également mettre en place des zones marines protégées dans un futur proche (WWF, 2001b). Ces zones s’ajouteraient aux 25 zones marines protégées existantes créées pour diminuer les menaces qui pèsent sur les ressources naturelles à cause de la surexploitation, de la pollution et de la modification des caractéristiques physiques du littoral. Cependant, l’application de ces règlements de protection dans la plupart des zones marines protégées est limitée par le manque de ressources.