AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives
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Les mangroves offrent un habitat naturel aux poissons,
crustacés, mollusques et oiseaux aquatiques

Adrian Arbib/Still Pictures

AFRIQUE OCCIDENTALE


L’érosion du littoral et le risque d’élévation du niveau de la mer sont les principaux problèmes auxquels sont confrontés les pays côtiers d’Afrique occidentale. Cependant, il existe d’autres sources d’inquiétude, comme la surexploitation et les niveaux croissants de pollution.

VALEUR ÉCONOMIQUE, SOCIALE ET ÉCOLOGIQUE DES ENVIRONNEMENTS CÔTIERS ET MARINS D’AFRIQUE OCCIDENTALE

Le littoral de l’Afrique occidentale regroupe de nombreux habitats et biotes, notamment les îles préservées de l’archipel des Bissagos et les îles du Cap-Vert. Les écosystèmes et les ressources sont multiples, notamment de nombreuses mangroves, plages de sable, lagunes, zones humides côtières et zones de pêche. Pratiquement 200 espèces de poissons ont été recensées entre 1950 et 1994 dans cette zone dans laquelle 22 pays de la région et 25 pays étrangers viennent pêcher (FAO, 1997). On estime que plus de 500 000 personnes en Mauritanie, en Guinée- Bissau et au Sénégal dépendent directement de la pêche pour gagner leur vie ou se procurer de la nourriture (IPS, 2001). La région compte environ 6,5 millions d’hectares de mangroves (principalement des Rhizophora spp.) le long du littoral du Bénin, de Côte-d’Ivoire, du Ghana et du Nigeria, qui fournissent un habitat aux poissons, crustacés, mollusque et oiseaux aquatiques (Akpabli, 2000).

Les ondes de tempête sont courantes le long du littoral et les schémas d’érosion et d’accumulation sont très dynamiques. La protection offerte par les mangroves et autres zones humides côtières est donc vitale pour la stabilisation de la zone côtière, la création d’infrastructures et le développement.

Le littoral d’Afrique occidentale présente d’abondantes réserves de pétrole et de gaz en mer, en particulier autour du delta du Niger, des gisements miniers (notamment des placers en Sierra Leone), de grandes quantités de sable, gravier et calcaire, ainsi que des possibilités de transport maritime et de tourisme.

La pression démographique est l’un des facteurs qui contribuent et continueront à contribuer à l’importante dégradation des ressources des zones côtières d’Afrique occidentale. Ainsi, au Ghana, 35 pour cent de la population vit sur la côte et 60 pour cent des activités industrielles sont concentrées dans la métropole d’Accra-Tema (Chidi Ibe, 1996). Au Nigeria, environ 20 millions de personnes (22,6 pour cent de la population du pays) vivent sur le littoral et 13 millions de personnes vivent dans la capitale, Lagos, ville côtière qui accueille 85 pour cent des activités industrielles du pays (CNUEH, 2001 ; Chidi Ibe, 1996). La zone côtière de Dakar (Sénégal) compte environ 4,5 millions d’habitants (66,6 pour cent de la population totale) et 90 pour cent des activités industrielles du pays (GIEC, 1998). La population du littoral d’Afrique occidentale atteindra probablement 20 millions de personnes environ d’ici à 2020, en raison de l’augmentation de la population existante et des migrations en provenance de l’intérieur des terres (Snrech, Cour, De Lattre & Naudet, 1994).

Les possibilités d’activité agricole et d’emploi dans les zones côtières les plus humides encouragent depuis longtemps des migrations régulières de la zone soudanosahélienne vers la côte. Une grande partie de la forêt tropicale humide côtière a été déboisée pour créer des plantations agricoles et aménager des villes, et ce qui reste diminue au rythme annuel de 2 à 5 pour cent (Banque mondiale, 1996b). Les écosystèmes côtiers fragiles, tels que la bande de terre située entre Accra (Ghana) et le delta du Niger (Nigeria), sont encore plus menacés en raison de l’augmentation de la demande en ressources, aggravée par la croissance industrielle et urbaine et les charges polluantes qui leur sont associées.