AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

AFRIQUE CENTRALE

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Le Cameroun, le Congo et le Gabon (Afrique centrale) comptent
parmi les principaux pays africains exportateurs de pétrole

Chris Martin/Still Pictures

Le littoral des pays d’Afrique centrale est long de 1 789 km, le plateau continental d’une profondeur de 200 m a une superficie de 66 500 km2 et la ZEE s’étend sur plus de 537 900 km2. La zone côtière d’Afrique centrale est caractérisée par des lagunes, des mangroves, des herbiers, des plages de sable et des zones humides d’estuaires constituant des ressources vitales pour les activités de subsistance et le développement économique.

Sa côte étant fortement peuplée et le lieu d’importantes activités économiques, l’Afrique centrale est l’une des zones les plus menacées par l’élévation du niveau de la mer. Le schéma actuel de l’érosion côtière aggrave le problème et nombreux sont les habitats humides côtiers uniques à être menacés. La lutte contre la pollution terrestre et marine représente également une priorité, particulièrement en raison du développement potentiel des activités de production de pétrole et de gaz en mer.

VALEUR ECONOMIQUE, SOCIALE ET ECOLOGIQUE DES ENVIRONNEMENTS COTIERS ET MARINS D’AFRIQUE CENTRALE

La bande côtière d’Afrique centrale, zone très active du point de vue commercial, comporte des mines, des plantations agricoles et des installations industrielles. Elle connaît actuellement une urbanisation rapide en raison de ces activités. Les ressources économiques en mer, notamment le pétrole et le gaz, sont également importantes et des pays tels que le Cameroun, le Congo et le Gabon figurent parmi les principaux exportateurs de pétrole d’Afrique. En dépit de l’agitation politique régnant dans la région, la production de pétrole brut en mer et sur terre est passée de 650 000 barils par jour (b/j) en 1993 à 875 000 b/j en 1998. Elle a particulièrement augmenté en Guinée équatoriale, au Congo et au Gabon. Les réserves de gaz constatées en Afrique centrale (environ 3 pour cent des réserves totales du continent) sont concentrées au Cameroun, au Congo, en Guinée équatoriale et au Gabon. L’Afrique centrale fournissait moins d’un pour cent de la production de gaz naturel d’Afrique en 1997, mais des plans ont été mis en œuvre afin d’augmenter la production et l’utilisation du gaz pour la production nationale d’électricité (EIA, 1999). Ces plans risquent d’avoir des répercussions sur les environnements marins, en particulier en termes de pollution et de dégradation des habitats.

Les activités de pêche commerciale représentent également des ressources importantes pour les pays côtiers d’Afrique centrale, bien que la FAO estime que les réserves de poissons benthiques (c’est-à-dire vivant à proximité du fond de la mer) sont entièrement exploitées ou surexploitées (FAO, 1997). Elle a recommandé la réduction ou la réorientation de la pêche de ces espèces afin de relâcher la pression sur la zone côtière et sur les jeunes poissons. De même, il est estimé que les réserves de petits poissons pélagiques (c’està- dire des espèces vivant en haute mer) dans l’ouest et le centre du golfe de Guinée sont entièrement exploitées, alors que, plus au sud, elles sont sous-exploitées (FAO, 1997). L’abondance des poissons pélagiques le long de la côte dépend en grande partie de la variabilité de l’intensité de la remontée des eaux côtières et des niveaux de substances nutritives (FAO, 1997). Les pays côtiers d’Afrique centrale connaissent les mêmes problèmes que ceux d’Afrique occidentale en matière d’exploitation de leurs eaux par des navires étrangers (FAO, 1997). Il est urgent de renforcer les accords existants et de faire respecter les règlements afin de protéger les intérêts nationaux, les économies locales et les moyens d’existence des populations.