AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives
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Figure 2c.5 Volumes de pêche de poissons marins en Afrique australe (1972–97)

FAOSTAT

EXPLOITATION DES RESSOURCES CÔTIÈRES ET MARINES EN AFRIQUE AUSTRALE

Une grande partie des ressources côtières et marines d’Afrique australe sont menacées par des méthodes et niveaux d’exploitation non durables résultant de l’augmentation de la demande en ressources marines pour l’alimentation (due à l’augmentation de la population, à l’accroissement de la demande des consommateurs riches, des marchés d’exportation et des touristes). La demande provient non seulement des pays côtiers, mais également de ceux situés à l’intérieur des terres. Les tendances relevées par la FAO concernant l’exploitation marine indiquent un déclin des réserves de la plupart des pays de la sous-région depuis 1972 (FAOSTAT, 2001). Ces tendances sont illustrées à la figure 2c.5.

Les mangroves subissent également la menace d’une exploitation non durable et sont déboisées à des fins d’agriculture, de production de sel et d’établissement humain. Le taux de déforestation au Mozambique a dépassé les 3 pour cent par an au cours des 18 dernières années (Saket et Matusse, 1994). L’absence de surveillance et de recherche, ainsi qu’une application inadéquate des mesures contribuent également à la surexploitation des ressources des mangroves à la fois par les utilisateurs intérieurs et commerciaux. La lenteur de la régénération des palétuviers et l’exploitation du sable des côtes aggravent le rythme de diminution des habitats au sein des mangroves et accélèrent l’érosion de la zone côtière. Cette diminution des habitats au sein des mangroves a également un impact sur la productivité des activités de pêche au crabe et à la crevette artisanales et commerciales. Le débit solide élevé des eaux du littoral (dû à l’érosion de la zone côtière et en amont) risque d’augmenter la turbidité et d’entraîner l’alluvionnement des estuaires. En pleine mer, les sédiments peuvent se déposer et étouffer les fragiles habitats que sont les récifs coralliens et les habitats benthiques des baies abritées. Ce problème a non seulement des conséquences sur les écosystèmes, mais il peut également affecter les revenus potentiels provenant du tourisme.

Exploitation durable des ressources côtières et marines d’Afrique australe

Suite à la baisse des prises et à la diminution de la taille moyenne des poissons, de nombreux gouvernements de la sous-région ont appelé à la protection des réserves de poissons de ligne, même s’il n’est pas toujours facile d’appliquer et de contrôler les mesures prises, parmi lesquelles des limites de taille minimum, des limites de prises, des saisons de fermeture et des zones fermées (réserves marines). Ainsi, conformément à la loi sud-africaine de 1998 sur les ressources marines vivantes (Marine Living Resources Act), toutes les réserves de poissons d’Afrique du Sud doivent être exploitées de façon durable et il faut attendre que les espèces surexploitées retrouvent des niveaux durables pour que l’exploitation puisse reprendre.En décembre 2000, la diminution critique des réserves de poissons de ligne a poussé le ministre sud-africain de l’Environnement et du Tourisme à déclarer un état d’urgence suspendant les activités des pêcheurs commerciaux, artisanaux et de loisirs jusqu’à la régénération des stocks (Département de l’Environnement et du Tourisme, 2000a).

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La pêche à la crevette est importante pour les économies locales
et nationales

PNUE

La sensibilisation du public, les directives politiques et le développement technologique sont essentiels à la gestion des écosystèmes et certains pays ont fait des progrès dans ces domaines. D’autres propositions ont été formulées dans le domaine de la gestion des ressources côtières et marines, notamment l’élaboration de plans de gestion des ressources marines, la gestion communautaire des mangroves et des ressources de la pêche, ainsi que la mise en place de capacités institutionnelles (Sousa, 1998).

Des zones marines protégées ont été créées en Afrique du Sud pour limiter l’exploitation des ressources côtières et marines. Les côtes de la sous-région comptent 44 zones marines protégées, la plupart d’entre elles relevant de la juridiction des gouvernements centraux ou provinciaux (CMSC, 1999). Là où des zones marines protégées ont été officiellement créées et contrôlées, comme dans certains endroits d’Afrique du Sud, les réserves de poissons ont pu se régénérer (Msiska, Jiddaw & Sumaila, 2000). Dans d’autres zones, cependant, en raison du manque d’informations et de l’absence d’application des règlements, les zones marines protégées n’ont pas permis la régulation des niveaux de capture de certaines espèces. Ainsi, plus de 17 tonnes d’ormeaux (espèce citée dans l’Annexe III de la CCIEM) ont été confisquées à des braconniers le long de la côte du Cap au cours des mois de décembre 2001 et janvier 2002 (Craig Haskins, municipalité du Cap, communication personnelle).

Par contraste, des moyens de protection informels ont donné de bons résultats dans d’autres endroits. En Namibie, par exemple, la pêche à moins de 200 m de la côte est interdite, même si elle ne fait pas l’objet d’une mesure formelle et les ressources de pêche de cette zone ont été bien protégées (Msiska et al, 2000). Dans certains pays, des associations ont été créées pour protéger les ressources marines et côtières à mesure que les gouvernements reconnaissaient la nécessité d’équilibrer les activités de subsistance et à petite échelle par rapport à la demande commerciale et aux revenus d’exportation. Ceci devrait améliorer considérablement non seulement la gestion des ressources, mais également les relations entre les pêcheurs et les autorités étant donné que les pêcheurs travaillant uniquement pour assurer leur subsistance se considèrent alors comme des parties prenantes et des gestionnaires de ressources communes et pas simplement comme des personnes obéissant à un gouvernement.