AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

AFRIQUE AUSTRALE

Le principal problème auquel sont confrontés les pays côtiers d’Afrique australe est la diminution des réserves de poissons suite à des niveaux d’exploitation non durables. Ces pays doivent également faire face à une pollution croissante résultant des activités terrestres, des marées noires et des effets potentiels de l’élévation du niveau de la mer, notamment l’inondation des principales installations côtières et les dommages qui lui seraient associés au niveau des écosystèmes, des infrastructures et des déplacements de populations.

VALEUR ECONOMIQUE, SOCIALE ET ECOLOGIQUE DES ENVIRONNEMENTS COTIERS ET MARINS D’AFRIQUE AUSTRALE

Le littoral de l’Afrique australe s’étend de l’Angola à l’ouest (océan Atlantique) à la Tanzanie à l’est (océan Indien). Ce littoral est riche en poissons, fruits de mer, mangroves et récifs coralliens, ainsi qu’en pétrole, diamants et autres gisements miniers. Les longues plages de sable et les eaux chaudes de l’océan Indien offrent d’interessants débouchés touristiques et les nombreux ports en eau profonde bordant la côte offrent de bonnes perspectives pour l’industrie et les exportations.

Ces ressources côtières sont importantes pour l’économie de subsistance et pour le commerce. En Afrique du Sud, par exemple, le revenu annuel découlant des ressources côtières est estimé à plus de 17 500 millions d’USD (environ 37 pour cent du PIB du pays). Ce chiffre inclut les revenus provenant des secteurs du transport et de la manutention des marchandises, du tourisme et des loisirs, ainsi que de la pêche commerciale (Département de l’Environnement et du Tourisme, 1998). Les mangroves qui bordent la côte est, de la Tanzanie au nord de l’Afrique du Sud, abritent de nombreuses espèces d’arbres utilisés pour l’ameublement, le bois de chauffage et la construction de pirogues, et dont les feuilles servent de fourrage pour les animaux. Les plantes ont également des usages médicinaux. Ainsi, le xylocarpus granatum est censé soigner les maux de ventre et les hernies (Sousa, 1998). Les mangroves servent également d’habitats et de nourriceries à de nombreux crustacés et poissons, exploités à la fois par des artisans et des pêcheurs professionnels. Le secteur de la pêche à la crevette dans la baie de Sofala (Mozambique), par exemple, rapporte de 50 à 60 millions d’USD par an (Acreman, 1999), soit environ 40 pour cent des entrées de devises nettes du pays (Sousa, 1997). Les mangroves protègent également le littoral des ondes de tempête et des autres phénomènes hydrologiques naturels, tels que les marnages de grande amplitude et les perturbations liées aux courants (Tinley, 1971).

EROSION DU LITTORAL ET CHANGEMENTS CLIMATIQUES EN AFRIQUE AUSTRALE

L’élévation du niveau de la mer résultant des changements climatiques mondiaux risque d’entraîner l’inondation des vastes mangroves du Mozambique et de la Tanzanie. Ces mangroves risquent donc de reculer, ce qui provoquerait une augmentation de l’érosion de la côte. Les lagunes des côtes de l’Angola risquent également d’être inondées. L’élévation du niveau de la mer représente également une grave menace pour les centres urbains côtiers de faible altitude, tels que Le Cap, Maputo et Dar es-Salaam. Elle pourrait entraîner une perte de revenus des industries côtières et des activités portuaires dans l’ensemble de la sous-région, ainsi qu’une perte de débouchés liés au tourisme (GIEC, 1998). En Tanzanie, une élévation du niveau de la mer de 0,5 m inonderait plus de 2 000 km2 de terre et coûterait environ 51 millions d’USD ; une élévation d’un mètre inonderait 2 100 km2 de terre et en éroderait 9 km2 supplémentaires, soit un coût de plus de 81 millions d’USD (GIEC, 1998).

La décoloration menace les récifs coralliens situés au large des côtes du Mozambique, d’Afrique du Sud et de la Tanzanie en raison de l’augmentation de la température de la mer due aux effets du courant El Niño et aux changements climatiques mondiaux. En 1998, El Niño a provoqué une augmentation de la température de la mer d’environ 1 °C, provoquant la mort d’une grande partie des coraux de la sous-région, pouvant aller jusqu’à 90 pour cent dans certains cas (Obura et al, 2000).

Atténuation des effets des changements climatiques dans la zone côtière d’Afrique australe

Tous les pays de la sous-région, à l’exception de l’Angola, ont ratifié la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), mais, étant donné que la plupart d’entre eux (à l’exception de l’Afrique du Sud) ne participent aux émissions mondiales de dioxyde de carbone qu’en quantité négligeable, des mesures d’atténuation plus urgentes sont requises. La construction de barrières physiques a commencé, mais il s’agit d’une mesure à court terme. Il faudrait également penser au déplacement des installations humaines et industrielles.