AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

EXPLOITATION DES RESSOURCES COTIERES ET MARINES DANS LES ILES DE L’OUEST DE L’OCÉAN INDIEN

La ZEE associée aux îles de l’ouest de l’océan Indien s’étend sur plus de 2 106 km2, soit une surface supérieure à celle de l’Etat de Californie, ce qui crée non seulement des difficultés d’administration et de protection, mais également de contrôle et de réglementation des pratiques de pêche et niveaux d’exploitation (Brooks/Cole, 1998). Des réglementations internationales existent pour protéger les intérêts des micro-Etats, mais il faut des moyens pour assurer le contrôle nécessaire et appliquer ces réglementations, comme le prouve l’augmentation spectaculaire du volume de pêche déclaré au cours des années 1990 par les pays pêchant en haute mer (FAO, 1997). Les prises d’espèces menacées non ciblées, particulièrement les tortues marines, les dauphins et les dugongs, représentent également une source d’inquiétude dans cette sous-région, tout comme les pratiques destructives que constituent la pêche à la dynamite, la pêche à la seine et la pêche à la drège.

Le volume de pêche intérieur des Comores, des Seychelles et de Maurice a augmenté régulièrement entre 1975 et 1995, mais a récemment connu une baisse pouvant atteindre 24 pour cent (voir tableau 2c.1). Ces chiffres contrastent avec le volume de pêche d’autres pays à faibles revenus, qui aurait augmenté de 4 pour cent au cours de la même période, ainsi qu’avec le volume de pêche mondial, qui aurait augmenté de 8 pour cent (PNUE, 1999a ; Secrétariat du Commonwealth, 2000). La FAO estime que cette stagnation du volume de pêche est due à l’exploitation complète des réserves car les activités de pêche n’ont connu aucune baisse au cours de cette période (FAO, 1997).

Tableau 2c.1 Volume de pêche de poissons marins dans les îles de l’ouest de l’océan Indien (en milliers de tonnes) de 1975 à 1997

 

Comores Madagascar Maurice Seychelles Total monde
 
1975 3 850 19 020 7 038 3 950 NA
1990 12 200 NA 14 700 5 400 86 408
1995 13 200 85 463 16 933 7 000 91 558
1997 12 500 NA 13 700 5 300 93 329
 
UNEP 1999a: Commonwealth Secretariat 2000

Exploitation durable des ressources côtières et marines dans les îles de l’ouest de l’océan Indien

Limiter la surpêche nécessite des structures élaborées de réglementation et de surveillance des zones marines. Or, parce qu’elles font défaut la réglementation est actuellement peu respectée dans les îles de l’ouest de l’océan Indien. Cependant, de récentes mesures (formation des pêcheurs et fourniture d’équipements permettant de pêcher au-delà des récifs, en eau profonde, par exemple) ont été prises pour aider au repeuplement des eaux côtières (PNUE, 1999a). La législation visant à interdire la pêche à la tortue marine et à protéger cette espèce s’est avérée difficile à appliquer et l’étude d’impact en ce domaine a été gênée par le manque de données précises. Des réseaux nationaux de surveillance des récifs coralliens ont été mis en place, dans le cadre du Programme Régional Environnement de la Commission de l’Océan Indien, avec publication de rapports annuels sur l’état des récifs coralliens et de leurs ressources.

Un festival de cinéma subaquatique a également été organisé pour sensibiliser le public au monde sous-marin et au besoin de préserver les ressources. Les îles de l’ouest de l’océan Indien comptent trois réserves marines protégées nationales où la pêche est limitée, ainsi qu’un site classé au patrimoine mondial (l’atoll Aldabra des Seychelles).