L’Afrique orientale a ceci d’inhabituel que sa production côtière de poissons est faible par rapport à la surface et à la productivité potentielle de ses zones de pêche, malgré la grande quantité de nutriments offerts par les remontées des eaux côtières dues au courant somalien. Le rendement de la pêche côtière pour l’ensemble de la côte d’Afrique de l’est et du sud-est, îles de l’ouest de l’océan Indien comprises, représente moins d’un pour cent de la pêche mondiale et la plupart des réserves de poissons côtiers de cette sous-région sont considérées comme entièrement exploitées ou surexploitées (FAO, 1997).
Les pratiques de pêche destructives menacent les réserves de poissons côtiers et les récifs coralliens. L’utilisation de la dynamite, de seines et de poisons, ainsi que la forte pression exercée sur certaines espèces et sur les juvéniles sont courantes le long de la côte d’Afrique orientale, ce qui contribue au déclin de l’écosystème. Cependant, la pression nationale et internationale en faveur de l’interdiction de ces pratiques a stimulé l’habilitation des collectivités locales à contrôler et gérer leurs ressources (Obura, Suleiman, Motta & Schleyer, 2000).
Les pays de la côte d’Afrique orientale sont les principaux exploitants de leurs eaux côtières, mais leur ZEE est de plus en plus exploitée par des flottes étrangères provenant d’Europe et d’Asie. La Somalie est particulièrement touchée, comme le montre l’encadré 2c.2. Le volume de pêche signalé par les pays étrangers a augmenté de façon spectaculaire au début des années 1990, notamment de la part de la république de Corée, du Japon, de la France, de Taïwan et de l’Espagne (Okemwa, 1998). Les populations de requins sont en rapide déclin, ce qui se traduit directement par une baisse de la production d’ailerons de requin par les pêcheurs du Yémen, de Somalie, de Djibouti et du Soudan. Illégale la plupart du temps, la pêche au requin a également un impact sur les tortues marines, les dauphins et les poissons à nageoires qui sont pris dans les filets et les lignes. Le manque de surveillance et d’application de la réglementation constitue un facteur aggravant (Pilcher & Alsuhaibany, 2000).
Les pays d’Afrique orientale sont parties à la CNUDM de 1982, convention qui a établi des droits de pêche. Ils sont également signataires d’accords internationaux en matière de limitation de l’exploitation et des zones de pêche. Cependant, les pays de cette sous-région, comme beaucoup de pays africains, ne disposent ni des infrastructures nécessaires pour exploiter leur propre territoire, ni des moyens nécessaires pour surveiller les activités des flottes internationales et veiller au maintien de taux d’exploitation durable. En outre, les accords sur la pêche signés avec des pays étrangers restent flous en raison des besoins des Etats africains en matière de revenus et de devises.
En Erythrée, le retour de la paix dans la région permet actuellement une régulation de l’exploitation des ressources marines par la mise en place de procédures formelles de gestion. Des efforts similaires devraient également être entrepris en Somalie. Au Kenya, le système de MPA est géré par le Service kenyan de la faune et s’étend sur plus de 5 pour cent des rivages. Deux types de protection sont mis en place : protection totale dans les parcs marins et exploitation traditionnelle des ressources dans les réserves marines. Le tourisme constitue l’activité principale dans tous les sites et des projets sont à l’étude pour faire participer les collectivités locales et autres parties prenantes à la gestion de certaines zones (Obura et al, 2000).