AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

Amélioration de la qualité des environnements côtiers et marins en Afrique du Nord

La mesure la plus significative prise par les gouvernements d’Afrique du Nord pour combattre la pollution sous toutes ses formes a été la création de l’Organisation régionale pour la préservation de l’environnement de la mer Rouge et du golfe d’Aden (PERSGA). Les objectifs et réalisations de la PERSGA sont détaillés dans l’encadré 2c.1. Basée à Djedda (Arabie Saoudite), cette organisation a pour principal objectif de mettre en application la convention régionale pour la préservation de la mer Rouge et du golfe d’Aden (convention de Djedda).

Encadré 2c.1 Protection de l’environnement en mer Rouge

En réponse au besoin de coopération internationale en matière de gestion des zones marines et côtières en Afrique du Nord, un programme de recherche interdisciplinaire pour la mer Rouge a été lancé en 1974, sous les auspices du Programme pour les mers régionales du PNUE. Suite à ce programme, un plan d’action pour la mer Rouge et le golfe d’Aden a été approuvé en 1976. En 1982, la convention de Djedda sur la préservation de l’environnement de la mer Rouge et du golfe d’Aden a été signée, comme le protocole de coopération régionale pour la lutte contre la pollution aux hydrocarbures et autres substances dangereuses en cas d’urgence.Djibouti, l’Egypte, la Jordanie, la Palestine, l’Arabie Saoudite, la Somalie, le Soudan et le Yémen ont adhéré à cette convention. En 1995, l’Organisation régionale pour la préservation de l’environnement de la mer Rouge et du golfe d’Aden (PERSGA) a été formellement créée pour mettre en application les objectifs de la convention et de son protocole. Parmi les réalisations effectuées à ce jour figurent des études environnementales du littoral et des analyses des habitats naturels, des collectes de données océanographiques, des études d’impact sur l’exploitation de la crevette et de la nacre, des ateliers de formation sur la lutte contre la pollution aux hydrocarbures, des études d’impact sur l’environnement, la GIZC et la création d’un parc national marin. Parmi les documents publiés figurent des rapports sur l’état de l’environnement, des annuaires de moyens et de législation, ainsi qu’une étude des activités et sources terrestres affectant l’environnement marin et côtier.

 

Source: PERSGA 2000

Le Plan d’action méditerranéen (PAM) a été adopté à Barcelone (Espagne) en 1975 par 16 Etats méditerranéens et la Communauté européenne, sous les auspices du PNUE, dans le cadre de son Programme pour les mers régionales. L’objectif du PAM est de préserver l’environnement tout en encourageant un développement durable dans le bassin méditerranéen. Il est composé de six protocoles liés qui couvrent la gestion de la zone côtière, l’évaluation et la lutte contre de la pollution, la protection des écosystèmes et la préservation de la diversité biologique. Le PAM a été révisé en 1995 pour se tourner davantage vers l’action et constituer un instrument du développement durable. Parmi les activités entreprises à ce jour figurent le rassemblement de données sur les tendances relatives à la pollution, le contrôle du respect des textes, l’établissement de la liste des zones spécialement protégées d’importance méditerranéenne et de programmes liés pour la protection et la préservation d’espèces, ainsi que la réglementation de l’introduction d’espèces non indigènes ou génétiquement modifiées. Le programme de gestion des zones côtières du PAM est un mécanisme destiné à favoriser la coopération entre les autorités et institutions nationales et locales. Dans le cadre de ce programme, 13 projets ont été mis en place depuis 1989. Un Observatoire pour l’environnement et le développement dans les pays méditerranéens a également été créé pour fournir des informations destinées à faciliter la prise de décisions (PNUE, 2001).

Il existe deux zones marines protégées (MPA, Marine Protected Areas) le long du golfe d’Aqaba et la création d’autres zones protégées est actuellement à l’étude. Dans le nord de la mer Rouge, la réglementation de trois MPA doit être renforcée et de nouvelles zones protégées sont à l’étude. Il existe une seule zone protégée dans les îles Dahlak (sud-est de la mer Rouge), reconnues comme constituant des habitats uniques de plus en plus menacés par le tourisme et le transport de pétrole. La côte méditerranéenne d’Afrique du Nord compte 14 zones côtières protégées et 5 zones marines protégées. Le golfe de Suez ne compte aucune MPA et la seule actuellement à l’étude en couvre uniquement une partie à l’extrémité sud. Un réseau beaucoup plus étendu de zones protégées tout au long de la côte est actuellement à l’étude. Dans l’ensemble, le niveau de protection des côtes méditerranéennes et de la mer Rouge est plus faible que celui offert par les mécanismes deszones protégées. Conformément au paradigme évolutif de la gestion de l’environnement (moins de protection et plus de développement durable et responsable), l’Egypte, le Maroc et la Tunisie ont pris des mesures visant à créer et mettre en place des programmes de GIZC. Cependant, ces mesures étant récentes, peu d’études concluantes ont été entreprises pour évaluer leur efficacité.