AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

AFRIQUE DU NORD

Les problèmes les plus préoccupants concernant les zones côtières d’Afrique du Nord sont les effets du développement rapide du tourisme et des activités industrielles sur le littoral, parallèlement à une rapide croissance démographique (PNUE, 1997). Ces pressions commencent à avoir un impact sur la qualité et la stabilité de l’environnement côtier, en termes physiques et biologiques. L’impact potentiel des changements climatiques suscite également de graves inquiétudes, notamment en ce qui concerne la vulnérabilité des installations côtières et des habitats naturels face à l’élévation du niveau de la mer et à l’intrusion d’eau de mer.

VALEUR ÉCONOMIQUE, SOCIALE ET ÉCOLOGIQUE DES ENVIRONNEMENTS CÔTIERS ET MARINS D’AFRIQUE DU NORD

Les zones marines et côtières d’Afrique du Nord abritent des activités dans les secteurs touristique, pétrolier et de la
pêche. Les importants gisements de pétrole et de gaz à terre et en mer dans cette sous-région constituent la base
de l’économie de ces pays et offrent des possibilités d’exportation et d’emploi.

Click to enlarge

Figure 2c.4 Volumes de pêche de poissons marins en Afrique du Nord (1972–97)

FAOSTAT

Les récifs coralliens sont très étendus et bien développés dans la mer Rouge, avec 194 espèces de corail et au moins 450 espèces communes associées aux récifs. Ces récifs coralliens, qui figurent parmi ceux situés les plus au nord, abritent de nombreuses espèces endémiques.

Les mangroves de la côte sud de la mer Rouge abritent de nombreux mollusques, crabes, crevettes et poissons et fournissent quantité de matériaux de construction, des combustibles et du fourrage pour les animaux. Elles constituent également d’importants sites de nidification pour les oiseaux aquatiques migrateurs. Les herbiers sont également assez courantes sur la côte sud de la mer Rouge et des espèces rares ou protégées, telles que la tortue marine et le dugong, s’ajoutent à la richesse et à la diversité en espèces de cette région qui attire environ un million de touristes par an (PNUE, 1997).

L’Afrique du Nord connaît également une industrie de la pêche maritime économiquement importante, avec un volume total de pêche qui est passé de 845 211 tonnes en 1990 à 1,1 million de tonnes en 1997, ce qui représente une augmentation d’environ 30 pour cent (FAOSTAT, 2001). La figure 2c.4 présente l’évolution des prises de poissons de mer dans la sous-région d’Afrique du Nord au cours des 30 dernières années.

Les activités de pêche ont connu un accroissement constant dans la région méditerranéenne au fil des ans, sans montrer néanmoins de signes de surexploitation. En fait, chose surprenante puisque la demande en produits de la pêche augmente et que la plupart des pays manquent de gestion formelle et coordonnée de la pêche, la production de toutes les principales espèces est en augmentation (FAO, 1997).

Les Etats méditerranéens prennent part au Conseil général des pêches pour la Méditerranée (CGPM) de la FAO, mais ce conseil s’avère largement inefficace et la pêche des flottes commerciales n’est pratiquement pas réglementée.

Lors de la 22ème session du conseil, les Etats membres ont été exhortés à négocier et mettre en œuvre un régime de gestion efficace basé sur le principe de précaution et reflétant les principes sous-jacents d’importantes initiatives internationales (WWF, 1997). Les ressources de pêche artisanale sont également importantes dans la mer Rouge et la Méditerranée. Les espèces vivant en eau peu profonde, telles que le poisson-papillon et le poisson-ange, sont les plus courantes, mais cette région abrite également des homards, des seiches, des crevettes et des concombres de mer.

Plus de 40 pour cent de la population méditerranéenne vit dans les zones côtières (PNUE, 1996), les zones les plus denses se trouvant le long du delta du Nil et de la côte algérienne (jusqu’à 500–1 000 habitants/km2 dans certaines zones) (Plan bleu, 1996). L’urbanisation du littoral du nord-ouest de l’Afrique est encouragée notamment par la découverte de gisements de pétrole et une augmentation de l’industrialisation dans les zones côtières ou près de celles-ci, ainsi que par les nouvelles opportunités économiques qui y sont associées, ce qui conduit à une transformation presque complète de la société en Afrique du Nord et occidentale et exerce une pression grandissante sur les zones côtières.