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| UNEP |
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| Figure 2c.1 Carte de l’Afrique présentant les villes et pays côtiers, ainsi que les ZEE |
Le champ géographique, juridique et fonctionnel
d’une zone côtière peut être défini de différentes
façons. Selon Clark (1996), « au minimum, la zone côtière
désignée inclut toutes les zones intercotidales et supralittorales
de la côte, notamment toutes les zones inondables, mangroves, marécages
et waddens du littoral, ainsi que les plages, dunes et récifs coralliens
frangeants ». Les 40 000 km de côtes de l’Afrique consistent
en une étroite bande côtière de faible altitude qui, comme
le montre la figure 2c.1,
inclut le plateau continental et le littoral de 32 pays du continent.
Les écosystèmes côtiers et les problèmes liés à la gestion du littoral dépassent souvent les frontières politiques et s’étendent fréquemment vers l’intérieur des terres. De même, les limites des écosystèmes marins ne coïncident pas forcément avec celles des zones économiques exclusives (ZEE), c’est-à-dire la bande de 200 milles nautiques à partir de la limite terrestre des Etats côtiers où ceux-ci exercent des droits de souveraineté sur les ressources naturelles et certaines activités économiques. L’étude des problèmes liés à l’environnement côtier peut donc dépasser les frontières nationales et même s’étendre au-delà d’une seule sousrégion. Par conséquent, les analyses présentées ici risquent parfois de se chevaucher.
Les écosystèmes côtiers figurent parmi les plus productifs du monde d’un point de vue biologique. Ils occupent seulement 8 pour cent de la surface de la terre mais représentent 26 pour cent de la productivité biologique totale (Hare, 1994). Ce niveau élevé de productivité découle des conditions climatiques et physiques extrêmes des zones côtières, ainsi que de la nature dynamique des forces qui s’y exercent. Des organismes opportunistes se sont adaptés à ces conditions et leur rapidité de croissance et de reproduction, lorsque les conditions sont favorables, a conduit à ces niveaux élevés de productivité.
La zone côtière africaine abrite de nombreux habitats et ressources
: mangroves, grèves rocheuses, plages de sable, deltas, estuaires, zones
humides côtières, lagunes et récifs coralliens. Les récifs
coralliens et les mangroves sont particulièrement importants. En effet,
les récifs protègent la côte en limitant l’impact
des tempêtes et des vagues, et les mangroves stabilisent le sable et la
terre, assurent le renouvellement des substances nutritives, absorbent et décomposent
les déchets, constituent un habitat pour la faune et la flore sauvages
et préservent la diversité biologique. Les récifs et les
mangroves contribuent également de façon significative à
l’économie des pays côtiers en offrant des possibilités
touristiques et d’exploitation de ressources. Par exemple, les espèces
poussant dans les mangroves sont très utilisées par les collectivités
locales en tant que matériaux de construction, combustible, alimentation,
fourrage pour le bétail, ainsi que pour des préparations médicinales.
Les mangroves s’étendent du Sénégal à l’Angola
sur la côte ouest de l’Afrique et de la Somalie à l’Afrique
du Sud sur la côte est.
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| Figure 2c.2: Contribution of fish to the African diet Source: FAOSTAT |
Les récifs coralliens, dont certains sont spectaculaires,
abondent en mer Rouge et dans l’ouest de l’océan Indien.
Les remontées périodiques des eaux africaines favorisent une production
de pêche riche et diverse, notamment en crustacés, poissons et
mollusques. En 1997, l’ensemble des exportations africaines du produit
de la pêche en mer a rapporté 445 millions d’USD aux pays
concernés (FAOSTAT, 2001). La pêche en estuaires et lagunes joue
également un rôle au niveau des économies nationales et
représente plus des trois quarts du volume de pêche d’Afrique
(GIEC, 1998). La pêche constitue également une importante source
d’emplois, particulièrement dans les petites îles, telles
que celles du Cap-Vert et des Seychelles, où plus du tiers des travailleurs
agricoles sont employés dans le secteur de la pêche (FAO, 1996).
Les activités de pêche artisanale constituent également
une importante source de
revenus pour les collectivités côtières et le poisson est
une source importante de protéines pour de nombreuses populations africaines,
comme l’indique la figure 2c.2.
Les gisements de pétrole, de gaz et de minerai (notamment le diamant,
au large des côtes d’Afrique de
l’ouest et du sud-ouest) constituent d’importantes ressources économiques
supplémentaires pour les pays côtiers. Par exemple, au Bénin,
au Ghana, au Nigeria, en Sierra Leone et au Togo, la majorité des industries
et des activités d’extraction du pétrole et du minerai se
trouvent dans la zone côtière. Les ports de Mombasa, Maputo et
Durban constituent également d’importants centres économiques.
Profitant des opportunités liées au négoce, au tourisme et à d’autres activités commerciales offertes par les ports, le développement industriel s’est développé dans les régions voisines. L’attrait et la diversité extrêmes des ressources des environnements côtiers et marins accélèrent la croissance démographique, l’expansion industrielle et le développement des infrastructures dans les zones côtières d’Afrique (comme partout ailleurs dans le monde).
La plupart des colonies d’Afrique ont été établies sur la côte afin de favoriser les échanges commerciaux. Par conséquent, la capitale de tous les pays d’Afrique de la Mauritanie à la Namibie, sauf trois, est sur la côte. Une large proportion de la population urbaine d’Afrique occidentale vit désormais dans des villes côtières. La demande exceptionnelle en ressources et développement d’infrastructures dans la zone côtière exerce une pression sur ces écosystèmes fragiles : 38 pour cent des écosystèmes côtiers d’Afrique sont gravement menacés par les activités de développement (FAO, 1998). Les principaux problèmes auxquels sont actuellement confrontés les pays côtiers africains sont l’érosion du littoral, les effets potentiels des changements climatiques, la surexploitation des ressources et la pollution. Bien que l’érosion du littoral et les changements climatiques aient des causes entièrement différentes, les effets de ces deux phénomènes sont si étroitement imbriqués dans bien des cas qu’ils seront décrits dans les mêmes parties des analyses qui suivent.