Pour parer à la perte d’habitats naturels en Afrique centrale,
le réseau des zones protégées a été étendu
par la création de nouvelles aires, l’extension des zones protégées
au niveau national existant déjà et la création de zones
reconnues à l’échelle internationale comme les réserves
de la biosphère et les zones humides d’importance internationale
(sites Ramsar). Couvrant 6 pour cent de la superficie forestière totale,
les aires protégées de la forêt tropicale du bassin du
Congo abritent les zones de refuge de la forêt tropicale humide du parc
national de Korup, la réserve du Dja Mont Cameroun (Cameroun), les monts
de Cristal (Gabon), le parc national Maika, le parc national de la Salonga (République
démocratique du Congo) et la réserve forestière du Mayombe
(République démocratique du Congo et Congo) (UICN, WWF & GTZ,
2000). La Déclaration de Yaoundé, une résolution en 12
points sur la conservation et la gestion durable des forêts du bassin
du Congo, a été signée en 1999 par les chefs d’Etat
du Cameroun, de la République centrafricaine, du Tchad, de la République
démocratique du Congo, de la Guinée équatoriale et du Gabon.
Le parc de la Sangha créé sous son égide, relie les zones
protégées du parc national du lac Lobeke au Cameroun, la réserve
de Dzanga- Sangha en République centrafricaine, le parc national de Nouabale-Ndoki
en République démocratique du Congo et les zones de chasse et
forêts de production environnant chacune de ces zones. Il s’agit
de l’une des premières approches coordonnées en faveur de
la conservation des ressources forestières. Elle repose sur l’harmonisation
des législations et des politiques des six pays concernés et la
coordination des patrouilles de surveillance des activités illégales.
Les zones protégées au niveau national et international en Afrique
centrale sont respectivement indiquées au tableau
2b.13 et au tableau 2b.14.
| 2b.13 Zones protégées en Afrique centrale | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Données non disponibles pour le Swaziland et São Tomé et Príncipe Source:World Bank 2001a |
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| Tableau 2b.14 Zones protégées au niveau international en Afrique centrale | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Données non disponibles pour São Tomé et Príncipe. * Certaines réserves de la biosphère font également partie des sites de la Liste du patrimoine mondial ou des sites Ramsar Source: Ramsar 2002, UNDP and others 2000,UNESCO 2002 |
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La dégradation continue des zones protégées d’Afrique centrale est principalement liée à une moindre application des règlements de protection. L’exploitation forestière, le braconnage en vue du commerce de la viande de brousse, l’agriculture et la prospection pétrolière viennent régulièrement empiéter sur les zones protégées. Ainsi, des concessions forestières ont été accordées au Gabon dans la réserve de faune de la Lopé, la réserve de Wonga Wongé, et les réserves de Monkalaba et de l’Offoué, où l’exploitation forestière touche plus de 50 pour cent des zones protégées (UICN, WWF & GTZ, 2000).
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| Réserve forestière du Mayombe, Congo Michel Gunther/Still Pictures |
Les patrouilles affectées dans les réserves de la sousrégion sont en sous effectif manifeste. Au Congo, par exemple, un seul garde est affecté à la surveillance de 35 000 hectares (UICN, WWF & GTZ, 2000). Parmi les autres menaces pesant sur la gestion des zones protégées figurent les guerres, les soulèvements civils, l’absence d’une approche de gestion intégrée, la forte demande de viande de brousse émanant des zones urbaines et du marché international, le peu d’adaptation du personnel, le manque d’équipements et d’infrastructures pour surveiller et assurer le respect de la réglementation, ainsi qu’un manque de participation, voire l’exclusion des populations locales de la gestion des zones protégées.
Au nombre des mesures prises pour parer à cette situation figure la mise en place de projets en collaboration avec le WWF pour protéger le rhinocéros noir dans les savanes du nord du Cameroun, pour sensibiliser la population au problème de la chasse aux animaux sauvages en vue du commerce de leur viande et pour réduire cette activité de chasse au Gabon à un niveau viable en fixant des quotas et en employant la population locale comme gardes de surveillance. Les pays d’Afrique centrale ont également ratifié la Convention sur la diversité biologique, confirmant ainsi leur engagement en faveur de la protection des ressources biologiques. Ils ont en outre élaboré un Plan de Convergence sous-régional en vue d’une gestion concertée des forêts d’Afrique centrale, entériné par la première Conférence des ministres en charge des forêts lors de la session de décembre 2000. Dans le cadre de ce plan sous-régional, chaque Etat membre était tenu d’établir un Plan d’Action d’Urgence en faveur du secteur forestier. Les pays d’Afrique centrale ont également fixé des cadres institutionnels et juridiques favorables à la conservation, pour ne citer que le Programme National de Gestion de l’Environnement. Les Programmes Nationaux de Gestion de l’Environnement (PNGE), les lois relatives aux forêts et les lois relatives à la gestion de l’environnement sont d’autres mesures prises par les pays. Des stratégies et plans d’action nationaux en matière de diversité biologique (NBSAP) ont également été mis au point pour nombre de pays d’Afrique centrale. Des initiatives sous-régionales telles que des projets en faveur de la biodiversité financés par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), le programme des Ecosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale (ECOFAC) et le programme régional centre-africain pour l'environnement (CARPE, Central African Regional Programme for the Environment) ont été prises. L’ECOFAC a largement contribué à l’évaluation des ressources biologiques, à l’adoption d’une législation relative à l’utilisation des ressources, de méthodes traditionnelles de gestion des ressources et enfin à la formulation de recommandations pour la protection de différents habitats par le biais de modes de gestion distincts (notamment des recommandations en faveur des parcs nationaux, des sites Ramsar et des projets agro-forestiers). Le CARPE est une initiative à long terme financée par l’USAID qui a pour objectif d’identifier les conditions indispensables à la réduction de la déforestation dans le bassin du Congo. Pour atteindre cet objectif, des informations de base sur les ressources forestières et les menaces pesant sur les écosystèmes doivent être collectées, des programmes de surveillance définis et les capacités des décideurs renforcées. A ce jour, une large palette de rapports, cartes et notes de synthèse ont été publiées.