AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

AFRIQUE AUSTRALE

La richesse en ressources biologiques de l’Afrique australe est répartie dans une multitude d’écosystèmes, depuis les forêts tropicales humides d’Angola et les savanes de Zambie jusqu’aux forêts côtières, mangroves, déserts et semidéserts, en passant par l’extraordinaire diversité végétale de la région floristique du Cap, en Afrique du Sud. Cette sousrégion abrite en moyenne 57 espèces de mammifères et 136 espèces d’oiseaux nicheurs par étendue de 10 000 km2 (PNUD et al., 2000). L’Afrique du Sud se classe au troisième rang mondial en matière de diversité biologique en raison notamment de sa richesse végétale. Elle compte en effet plus de 18 000 espèces de plantes vasculaires, dont 80 pour cent sont endémiques. L’Afrique du Sud est le cinquième pays d’Afrique et, à l’échelle mondiale, le vingtquatrième pays le plus riche en espèces endémiques (Département de l’Environnement et du Tourisme, 1997).

VALEUR ÉCOLOGIQUE, ÉCONOMIQUE ET SOCIALE DES RESSOURCES BIOLOGIQUES D’AFRIQUE AUSTRALE

La richesse en ressources biologiques de l’Afrique australe est un gage important de sécurité alimentaire à long terme. L’accès aux ressources génétiques à des fins d’amélioration génétique des animaux et des cultures est également considéré comme un facteur essentiel. Nombre d’espèces animales et végétales possèdent des propriétés médicinales qui sont pour la plupart utilisées en médecine traditionnelle et dont certaines font l’objet d’études en vue de leur exploitation commerciale. Les propriétés médicinales d’environ 10 pour cent des végétaux d’Afrique australe (quelque 3 000 espèces) sont exploitées et 10 pour cent de ces végétaux (environ 350 espèces) sont couramment et largement utilisés (van Wyk, Van Oudtshoorn & Gericke, 1997). Parmi elles figure Warburgia salutaris, végétal dont on utilise la racine et l’écorce pour soigner la toux, les maux de tête et les problèmes d’estomac, et qui est en voie de disparition rapide en Afrique australe (Cunningham, 1993). La « pomme de terre africaine » (Hypoxis sp) fait l’objet de recherches visant à extraire l’hypoxicide, un stérol (acide végétal) traditionnellement utilisé pour traiter les vertiges et troubles vésicaux et dont on a démontré qu’il inhiberait la multiplication des cellules tumorales et présente également des propriétés anti-inflammatoires (Drewes, Hall, Learmonth & Upfold, 1984).

MENACES PESANT SUR LA BIODIVERSITE EN AFRIQUE AUSTRALE

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Saisie d’ivoire et de peaux d’animaux à Dar es-Salaam, Tanzanie

Sabine Vielmo/Still Pictures

Comme dans d’autres sous-régions d’Afrique, les habitats naturels de l’Afrique australe sont soumis à des pressions croissantes du fait de l’extension de l’agriculture et de la foresterie de plantation, des établissements humains, des activités minières et autres activités commerciales ou de subsistance, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des zones protégées. Des espèces sont menacées d’extinction par les pertes d’habitats, l’exploitation sélective, le braconnage et la prolifération d’organismes étrangers envahissants.

Le commerce de produits animaux et végétaux, comme l’ivoire, les cornes, les défenses et la peau, compte au nombre des principales menaces pesant sur les espèces sauvages. Au cours des 30 dernières années, les restrictions commerciales, principalement imposées par le biais de la CCIEM, ont été utilisées à l’échelle internationale comme instrument de réglementation commerciale et de préservation de la faune et la flore sauvages. Ces restrictions ont été appliquées avec plus ou moins de succès en Afrique australe. A titre d’exemple, l’inscription du rhinocéros noir à l’Annexe 1 (espèces menacées d’extinction) de la CCIEM au cours des années 1970 n’a pas permis de relancer l’essor de la population de rhinocéros qui est aujourd’hui encore trop faible pour pouvoir se reproduire et se multiplier dans la nature. La réglementation commerciale a entraîné une hausse des prix des cornes de rhinocéros sur le marché noir, qui encourage en retour le braconnage des espèces sauvages. Comme cela a déjà été mentionné, les restrictions imposées au commerce de l’ivoire et la mise en place de pratiques de préservation saines ont permis d’augmenter sensiblement les troupeaux d’éléphants au Botswana et au Zimbabwe, deux pays qui militent actuellement en faveur d’une limitation du commerce de l’ivoire comme instrument économique de préservation permanente.

La coopération au niveau sous-régional joue un rôle considérable dans la préservation des ressources biologiques en Afrique australe. La Southern African Convention for Wildlife Management a permis d’exercer une surveillance régionale, d’évaluer et de gérer les ressources de la faune et de la flore sauvages. Toutefois, les mesures de conservation doivent bénéficier de moyens et de financements permanents pour que les avantages qui découlent de la préservation des espèces de la faune et de la flore sauvages puissent être pérennisés.

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