Suite de la page précédente
| Maurice et les Seychelles se classent
au deuxième et troisième rang mondial en termes de pourcentage
de |
Du fait de ces pressions, un nombre considérable d’espèces végétales et animales des îles de l’ouest de l’océan Indien sont menacées d’extinction ou ont déjà disparu, le cas le plus tristement célèbre étant celui du dronte. Chassé jusqu’à son anéantissement, il a également été victime de l’introduction d’espèces étrangères. Dans toutes les îles de l’ouest de l’océan Indien, les populations d’espèces marines menacées d’extinction, comme la tortue verte, la tortue caret, le cœlacanthe et le dugong, ont décliné au cours de ces dernières années. A Maurice, 62 espèces animales, essentiellement des oiseaux, des reptiles et un grand nombre de mollusques, ont disparu et plusieurs espèces ne comptent plus que de maigres populations protégées par des dispositifs adaptés. Maurice et les Seychelles se classent au deuxième et troisième rang mondial en termes de pourcentage de végétaux indigènes menacés de disparition (PNUE, 1999). Le nombre des espèces en voie d’extinction dans cette sous-région est indiqué au tableau 2b.8.
As a result of these pressures, a significant number of plant and animal species in the Western Indian Ocean Islands are threatened with extinction or have become extinct-the most notorious case being that of the Dodo of which the demise is attributed to overhunting and the introduction of alien species. Throughout the Western Indian Ocean Islands, populations of endangered marine species such as the Green Turtle, the Hawksbill Turtle, the Coelacanth and the Dugong have declined in recent years. In Mauritius 62 animal species-mainly birds, reptiles and a large number of molluscs-have become extinct and several species now only survive in small populations under protection schemes. Mauritius and Seychelles are ranked second and third in the world in terms of the percentage of native plants threatened (UNEP 1999). The numbers of threatened species in the sub-region are given in .
| Tableau 2b.8 Espèces en voie de disparition dans les îles de l’ouest de l’océan Indien (pourcentage d’espèces connues) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Source: UNEP 1999, UNDP 2000 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
En réaction aux menaces qui pèsent sur les habitats naturels, des aires protégées ont été créées à l’intérieur des îles de l’ouest de l’océan Indien, ainsi que dans les zones marines et côtières. En 1999, on dénombrait : 1 réserve aux Comores, 44 aires protégées couvrant 2,9 pour cent de la superficie terrestre de Madagascar, 18 réserves couvrant 3,7 pour cent de la superficie terrestre de Maurice et 26 sites couvrant 47 pour cent de la superficie terrestre des Seychelles (PNUE, 1999). La réserve Andringitra, récemment créée à Madagascar avec l’aide du WWF, est considérée comme l’un des sites les plus riches en matière de biodiversité et le plus représentatif de l’île. Le parc national d’Andohahela, la réserve spéciale de Beza Mahafaly et le lac Tsimanampetsotsa sont des réserves aménagées dans le but spécifique de protéger la forêt sèche et les habitats de taillis épineux caractéristiques de Madagascar.
La sous-région compte par ailleurs deux réserves de biosphère à Madagascar et une à Maurice, trois sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial (deux aux Seychelles et un à Madagascar), et quatre sites Ramsar (un aux Comores, deux à Madagascar et un à Maurice) (Ramsar, 2002 ; UNESCO, 2002 ; PNUE, 1999). Maurice a en outre signé la Convention de Ramsar sans avoir encore désigné de site Ramsar. Toutes les îles de l’ouest de l’océan Indien sont par ailleurs parties à la Convention sur la diversité biologique. Des efforts sont actuellement déployés pour mettre au point un cadre conceptuel pour la préservation des récifs coralliens. Enfin, la Commission de l’Océan Indien a lancé un projet régional en vue d’une gestion durable des ressources naturelles. Ce projet a pour objectif la préservation des ressources, la gestion intégrée de la zone côtière, la protection et la conservation de la flore endémique menacée.
Plus de 20 espèces en voie de disparition dans les îles de l’ouest de l’océan Indien sont protégées par des programmes officiels dans des zones prévues à cet effet. Madagascar a mis sur pied 10 programmes de préservation des espèces dans des zones protégées. Maurice en a élaboré 8 et les Seychelles 3. Grâce à un programme de gestion des espèces australasiennes, les Seychelles sont notamment parvenues à protéger la tortue géante d’Aldabra dont on dénombre à présent 155 000 spécimens dans la nature. A Maurice, le pigeon rose a pu être préservé grâce à un projet financé par le Jersey Wildlife Preservation Trust et 300 environ de ces pigeons vivent actuellement dans la nature. Aux Seychelles, on dénombre actuellement 250 gobe-mouches, une espèce gravement menacée d’extinction, et à Maurice, la roussette de Rodrigue a vu sa population croître de nouveau grâce au North American Species Survival Plan. A l’heure actuelle, 350 roussettes vivent en liberté (PNUE, 1999).
Dans certaines petites îles, les prédateurs susceptibles de causer des dégâts introduits sur les îles, comme les rats, les souris et les macaques, ont été éradiqués avec succès par différents moyens comme la dissémination de boulettes empoisonnées, de blocs hydrofuges et de pièges. Les infestations de végétaux étrangers sont contrôlées dans les zones de conservation par désherbage manuel et érection de barrières contre les porcs et autres animaux susceptibles de disperser les semences. Les aéroports et ports maritimes sont également placés sous étroite surveillance. Des insecticides et herbicides sont en outre pulvérisés sur le fret arrivant sur les îles afin de limiter les risques d’introduction accidentelle. Des règlements très stricts régissent par ailleurs l’importation dans le pays de produits végétaux et animaux. Réduire les populations à des niveaux gérables demandera toutefois beaucoup de temps et de moyens.
Les îles de l’ouest de l’océan Indien ont toutes ratifié la CCIEM. Madagascar, Maurice et les Seychelles ont par ailleurs créé des autorités de gestion et des organes scientifiques chargés de réglementer l’octroi de licences d’importation et d’exportation. Des programmes nationaux ont en outre été élaborés afin d’encourager le commerce et l’exploitation durables de certains produits de la faune et de la flore sauvages (notamment les coquillages, les produits dérivés de tortues, les oiseaux de mer et leurs œufs, ainsi que certains végétaux). Les moyens font toutefois souvent défaut pour mettre en place correctement les restrictions prévues par ces programmes. Il est indispensable d’élaborer sans délai une politique d’envergure intéressant l’ensemble de la sous-région et donnant la priorité à la préservation des espèces menacées d’extinction. Des stratégies propres à des programmes de protection d’espèces spécifiques et la création de zones protégées s’imposent également. Les communautés locales et les économies nationales doivent enfin pouvoir s’appuyer sur de nouvelles ressources ou des moyens de subsistance distincts et une culture de l’exploitation durable doit être mise en place.