En 1994, la surface totale combinée des 95 zones protégées
d’Afrique orientale s’élevait à quelque 12 millions
d’hectares, soit plus que la superficie de Djibouti, du Rwanda, du Burundi
et de l’Erythrée réunis (PNUD, 2000). A noter toutefois
que ce chiffre englobe les immenses réserves de Tanzanie. En 1999, une
autre étude
a été menée pour dénombrer les zones protégées,
à l’exclusion du Burundi et de Djibouti (manque de données)
ainsi que de la Tanzanie (intégrée à l’Afrique australe).
Ainsi, 119 zones terrestres protégées ont été répertoriées
et 16 zones marines protégées (Banque mondiale, 2001a). La légère
différence constatée par rapport à la précédente
étude résulte de l’exclusion de la Tanzanie et de l’augmentation
du nombre de zones terrestres protégées dans les autres pays.
Il existe aujourd’hui 17 zones protégées au niveau international.
De surcroît, le Burundi, l’Erythrée et la Somalie doivent
encore désigner d’éventuels sites d’importance internationale.
Les sites nationaux protégés d’Afrique orientale sont répertoriés
au tableau 2b.6, et les sites internationaux au tableau
2b.7.
| Tableau 2b.6 Zones protégées au niveau national en Afrique orientale | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Données non disponibles pour le Burundi et Djibouti. Source:World Bank 2001 |
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| Tableau 2b.7 Zones protégées au niveau international en Afrique orientale | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Données non disponibles pour Djibouti. * Certaines réserves de la biosphère font également partie des sites de la Liste du patrimoine mondial ou des sites Ramsar Source: UNDP and others 2000, Ramsar 2002 |
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Bien que les politiques, lois et réglementations invitent instamment la population à s’impliquer dans la conservation de la biodiversité en Afrique orientale, les résultats obtenus jusqu’à présent sont loin d’être satisfaisants dans certaines régions. Ainsi, en Ethiopie, réfugiés et populations avoisinantes sont venus empiéter sur les zones protégées du fait d’une moindre application des lois. Parmi les zones affectées figure le parc national des lacs Abyatta et Shalla, l’une des zones protégées les plus envahies d’Afrique, aujourd’hui totalement occupée par des personnes qui s’y sont installées de façon permanente. Le parc national de l’Awash est considérablement dégradé par des occupants illégaux, notamment dans sa partie septentrionale où des bergers nomades contribuent au surpâturage (CMSC, 1991).
Le Fonds fiduciaire pour la protection de Mgahinga et de la forêt dense de Bwindi (MBIFCT, Mgahinga Bwindi Impenetrable Forest Conservation Trust), financé par le FEM, offre un exemple réussi de protection. Il soutient des projets utiles aux communautés avoisinant les deux parcs de l’Ouganda, le parc national aux gorilles de Mgahinga et celui de la forêt dense de Bwindi. Ce Fonds délègue la gestion et la propriété à long terme au gouvernement ougandais et aux collectivités locales, et offre la possibilité de mener des tentatives pilotes de partenariats pour le développement et la conservation impliquant de nombreuses parties intéressées. Le Fonds finance des projets de développement local, des projets de recherche et des activités de gestion des parcs, qui se sont jusqu’à présent avérés fructueux (MBIFCT, 1994).
L’Ouganda a récemment finalisé un projet de création d’un réseau de zones protégées (UWA, 2000). Ce plan a été élaboré pour parer à la négligence dont les zones protégées ont fait l’objet durant les guerres et conflits des années 1970 et 1980, et à la réduction, voire à la quasiextinction de certaines populations de faune et de flore sauvages dans certaines grandes zones occupées par des communautés déplacées. Ce projet a été mis au point avec la participation active des communautés intéressées. Des modes de gestion différents ont été adoptés selon les zones concernées, notamment les zones de gestion de la faune et de la flore sauvages locales, les réserves forestières gérées par le Département des forêts et les réserves animalières gérées par les autorités ougandaises en charge de la faune et de la flore sauvages. Ce projet doit à présent être avalisé par le Parlement ougandais.
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