AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

DE L’AIR EN AFRIQUE OCCIDENTALE

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La fumée provenant des feux peut causer ou aggraver les maladies respiratoires

Ron Giling/Still Pictures

L’urbanisation rapide et la concentration des activités économiques dans les centres urbains d’Afrique occidentale entraînent une pollution de l’air causée par les industries, les gaz d’échappement et les activités liées à l’exploitation des carrières. La combustion des carburants traditionnels pour répondre aux besoins en énergie domestique est une autre source importante de pollution de l’air dans les zones urbaines comme rurales. Pour donner un exemple, les enfants gambiens exposés aux fours dégageant de la fumée ont six fois plus de chance de développer des infections respiratoires aiguës que les enfants non exposés (Banque mondiale, 2000b). L’inadéquation de l’aménagement urbain est une cause importante d’augmentation du niveau des émissions car les centres résidentiels et commerciaux sont souvent éloignés les uns des autres et occasionnent des déplacements quotidiens massifs de travailleurs. Le faible développement économique a également contribué à la pollution de l’air en créant une dépendance vis-à-vis des véhicules anciens et des carburants sales.

Les polluants, comme les oxydes de soufre, les oxydes d’azote, les hydrocarbures, les métaux lourds et les particules, forment des concentrations denses de smog dans les centres urbains, causant des maladies respiratoires, la contamination de la végétation et des ressources en eau, et la corrosion des bâtiments.

Vers une meilleure qualité de l’air en Afrique occidentale

La plupart des pays d’Afrique occidentale ont introduit des normes et des réglementations destinées à maîtriser la pollution atmosphérique dans les villes, mais le manque de ressources affaiblit leur mise en application.

A Accra, au Ghana, un projet est en cours afin d’analyser et de surveiller les sources de pollution de l’air et de comparer les niveaux de pollution ambiante relevés dans les zones commerciales et résidentielles, dans les banlieues aisées et dans les taudis (Accra Mail 2001). Une récente étude sur les transports de Dakar, au Sénégal, a estimé les coûts associés aux blessures ou décès, les heures perdues dans les embouteillages et les coûts sanitaires liés à la pollution de l’air à un montant équivalent à 5 pour cent du PIB (Banque mondiale, 2001). Cette étude préconisait l’amélioration de l’aménagement afin de fluidifier la circulation, et la réorganisation des transports en commun. Les petites locomotives françaises appelées « Petit Train Bleu » ont récemment été rénovées et aident à réduire la congestion urbaine et la pollution tout en fournissant un moyen de transport en commun fiable, sûr et abordable, et de nouveaux emplois (CNUEH, 2001). D’autres mesures destinées à améliorer la qualité de l’air comprennent des contrôles plus stricts sur l’importation de voitures d’occasion en provenance d’Europe ( Encadré 2a.6).

Encadré 2a.6 Lutter contre les gaz d’échappement au Sénégal

Ces dernières années, le Sénégal est devenu un grand importateur de voitures d’occasion, qui représentent aujourd’hui 84 pour cent de tous les véhicules en circulation dans la région de Dakar et constituent une source majeure de pollution. L’âge moyen des véhicules de Dakar est d’environ 15 ans pour les voitures et 20 ans pour les bus. Plus de 40 pour cent des voitures fonctionnent au diesel, dont la combustion dégage des émissions particulièrement toxiques. La forte proportion de véhicules diesel résulte à la fois du grand nombre de voitures de ce type importées et du fait que de nombreux propriétaires remplacent le moteur à essence d’origine par un moteur diesel, ce carburant étant moins cher que l’essence.

Le ministère de l’Environnement sénégalais a proposé une nouvelle loi prévoyant de nouvelles normes sur la qualité de l’air afin de limiter les gaz d’échappement. Cette loi ré-introduit également l’obligation pour les acheteurs de déposer leur demande de véhicule avant l’importation, mesure qui avait été abrogée en 1996, et impose un âge limite de cinq ans aux voitures importées.

Des stations de surveillance de la qualité de l’air doivent être installées tout autour de Dakar afin d’enregistrer quotidiennement les niveaux de pollution ambiante. Le ministère projette également de créer une police de l’environnement, soutenue par la police nationale, chargée de faire respecter les réglementations et de repérer les véhicules polluants.

Source :M.Abdourahmane Ndiaye, conseiller auprès du ministère de l’Environnement (cité dans Africa Online News, 21
janvier 2002)