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| Exploitation forestière extensive de bois dur au Cameroun J. C.Vincent/Still Pictures |
Les émissions de gaz à effet de serre sont très faibles en Afrique centrale et ne représentent que 2 pour cent du total des émissions africaines en 1996. Elles forment une partie négligeable des émissions mondiales (Banque africaine de développement, 2001). Les émissions de polluants gazeux, comme le monoxyde de carbone, le dioxyde de carbone et le méthane, proviennent de diverses sources, comme la mise en décharge de déchets générateurs de gaz, l’utilisation de carburants traditionnels dans la production d’énergie domestique et la culture sur brûlis. Les éruptions occasionnelles du mont Cameroun contribuent également aux émissions gazeuses.
Les changements atmosphériques et climatiques mondiaux feront pourtant sentir leurs effets sur les pays d’Afrique centrale, augmentant les fluctuations des précipitations et des températures qui se répercut sur la sécurité des ressources en nourriture et en eau. La plupart de l’Afrique centrale connaîtra une augmentation des précipitations, de l’humidité du sol et du ruissellement, ce qui pourrait entraîner une augmentation nette de la couverture sylvestre, même si une plus grande adéquation des terres à des fins agricoles pourrait conduire à une accélération de la déforestation. Le changement de distribution de l’habitat naturel pourrait également avoir des conséquences importantes pour les ressources biologiques uniques des forêts d’Afrique centrale, comme le gorille des montagnes, en voie de disparition. D’autres perturbations des systèmes hydrologiques pourraient modifier les schémas des inondations, accroître le risque de contamination des réserves d’eau douce et favoriser l’apparition de maladies transmises par l’eau. Le paludisme et la trypanosomiase pourraient s’étendre à de nouvelles régions, en particulier les régions situées en altitude où leur présence avait été jusqu’à présent limitée par les basses températures, et aux régions sèches où une augmentation des précipitations est attendue (GIEC, 1998).
L’eau douce pourrait devenir plus rare dans les parties arides et semi-arides du Cameroun, de la République centrafricaine et du Tchad du fait de la baisse des précipitations et de la hausse de l’évaporation. Au cours des 30 dernières années, le niveau du lac Tchad a fortement chuté sous l’action combinée des fluctuations des précipitations et des prélèvements permanents et correspond aujourd’hui au vingtième environ de ce qu’il était voici 30 ans (NASA GSFC, 2001). Les millions de personnes qui dépendent aujourd’hui des ressources offertes par le lac pourraient se voir gravement affectés en termes d’économie et de sécurité alimentaire si ce niveau devait diminuer davantage.
L’élévation du niveau de la mer et la vulnérabilité accrue aux inondations et aux orages en forte augmentation rendront certaines zones littorales d’Afrique centrale inhabitables, provoqueront le déplacement de millions de personnes et menaceront les zones urbaines de faible altitude comme Douala, au Cameroun (GIEC, 1998 ; GIEC, 2001b).
Face aux difficultés posées par ces variations climatiques défavorables, tous les pays d’Afrique centrale ont rejoint la communauté internationale en signant et en ratifiant la CCNUCC. Au niveau national, le renforcement des capacités au sein des parties prenantes et la révision des politiques et de la législation sur l’amélioration de la protection de l’environnement sont en cours, y compris la protection des importantes réserves sylvestres de la sous-région (Encadré 2a.5). Même si ces mesures révèlent l’engagement politique de la sous-région pour faire face au problème, les pays d’Afrique centrale émettent des quantités négligeables de gaz à effet de serre et, du fait de leur classement en tant que pays en développement en vertu du Protocole de Kyoto, ils ne sont aujourd’hui pas tenus de réduire leurs émissions. Les problèmes posés par la variabilité du climat et les changements climatiques sont également traités grâce à la création de programmes de modélisation climatique et d’alerte rapide en cas de variations des précipitations. Ces programmes n’en sont toutefois qu’aux premiers stades de leur développement et les informations disponibles quant à leur efficacité sont peu nombreuses.
| Encadré 2a.5 Rôle des forêts d’Afrique centrale dans l’atténuation des effets des changements climatiques | |
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| Source : USAID 2001b |