AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

AFRIQUE CENTRALE

L’Afrique centrale est confrontée aux mêmes difficultés que les autres sous-régions en termes de variabilité du climat : phénomènes météorologiques extrêmes périodiques, effets des changements climatiques sur la production alimentaire, élévation du niveau de la mer et problèmes de qualité de l’air localisés dans les zones urbaines. Ces difficultés sont en partie naturelles et demandent des stratégies efficaces d’atténuation des effets, mais dans certains cas elles sont aggravées par les activités humaines et demandent de ce fait une approche intégrée de la gestion de l’environnement.

VARIABLITE CLIMATIQUE EN AFRIQUE CENTRALE

Les précipitations et les températures habituellement relevées en Afrique centrale sont très variables, avec des variations saisonnières imprévisibles. La pluviosité est relativement élevée et régulière sur le centre et le littoral de la sous-région mais tend à diminuer et à devenir plus variable vers le nord. Pour donner un exemple, Douala, sur le littoral camerounais, reçoit en moyenne 3 850 mm/an de précipitations, tandis que N’Djamena, au Tchad, n’en reçoit que 500 mm/an et est périodiquement victime de sécheresse. Les températures relevées dans les forêts littorales de faible altitude ne varient guère car la couche nuageuse persistante maintient les températures moyennes annuelles entre 26 °C et 28 °C. Dans les zones montagneuses, d’altitude élevée, les températures moyennes annuelles sont plus basses, entre 19 °C et 24 °C. Dans la zone semi-aride du Cameroun et du Tchad, la limpidité du ciel entraîne une forte exposition au soleil pendant la journée et des pertes de chaleur très importantes pendant la nuit du fait de l’émission de radiations de plus grande longueur d’onde.

Les sécheresses sont devenues plus fréquentes dans la zone sahélienne d’Afrique centrale depuis la fin des années 1960 et la sécurité alimentaire est en déclin, en particulier parmi les pauvres qui sont obligés de cultiver des terres peu productives et n’ont pas la capacité d’accumuler des réserves alimentaires (GIEC, 1998). Les inondations sont courantes dans les régions les plus humides d’Afrique centrale, notamment quand les forêts et la végétation naturelle ont été détruites pour faire place à des terres cultivées ou à des établissements humains.

Au cours des 30 dernières années, les politiques de développement et les activités comme l’industrie du bois, l’agriculture de rendement ou de subsistance et le ramassage de bois de chauffage ont conduit au déboisement massif des forêts d’Afrique centrale. Ces changements ont perturbé le microclimat de la sous-région, augmentant sa vulnérabilité aux fluctuations des précipitations. En outre, les forêts tropicales denses et humides de la sous-région forment des pièges importants pour le dioxyde de carbone atmosphérique (davantage que les forêts de même surface situées dans des zones tempérées). La réduction de la couverture végétale expose également le sol et aggrave les effets de la sécheresse et des inondations.

Stratégies de lutte contre la variabilité du climat en Afrique centrale

Les pays d’Afrique centrale ont ratifié la CNULD et le Tchad a également proposé un plan d’action national. Le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) a mis au point un plan d’action sous-régional pour lutter contre la désertification (CNULD, 2001). Le CILSS et le Club du Sahel ont également mis au point une nouvelle vision pour la sécurité alimentaire au Sahel et ont créé un réseau de prévention contre les crises alimentaires chargé d’améliorer la coordination entre les pays.