AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

AFRIQUE AUSTRALE

Les principaux problèmes d’atmosphère rencontrés en Afrique australe sont les inondations et les sécheresses provoquées par la variabilité du climat, les effets des changements climatiques sur les systèmes végétaux, la biodiversité, les réserves d’eau douce, la production alimentaire et les problèmes localisés de qualité de l’air associés aux rejets industriels aux gaz d’échappement et enfin à l’utilisation de combustibles domestiques.

VARIABILITE DU CLIMAT EN AFRIQUE AUSTRALE

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Pourrissement sur pied du maïs après les inondations de févriermars 2000 au Mozambique

Pieternella Pieterse/Still Pictures

En Afrique australe, les précipitations sont fortement influencées par la zone de convergence inter-tropicale (ITCZ, Inter-Tropical Convergence Zone), région proche de l’équateur où de gigantesques nuages chargés de pluie se forment quand les alizés du sud-est (en provenance du sudest de la région) rencontrent les vents de mousson du nordest. La position de l’ITCZ change pendant l’année, oscillant entre l’équateur et le tropique du Capricorne, et son déplacement vers le sud marque habituellement le début de la saison des pluies. Plus la zone se déplace vers le sud, plus la saison des pluies est considérée comme prometteuse. Pendant une saison normale, l’ITCZ peut exercer son influence entre le milieu de la Tanzanie et le sud du Zimbabwe et s’accompagne de pluies favorables. Un autre système, le Botswana High, a souvent tendance à repousser l’ITCZ, entraînant des périodes de sécheresse.

Le phénomène ENSO influence également le climat de l’Afrique australe et tend à apporter soit de fortes pluies souvent accompagnées de graves inondations (en 1999–2000, par exemple, quand le Mozambique a été touché avec une intensité exceptionnelle), soit des sécheresses (en 1982–83, par exemple, quand la plus grande partie de l’Afrique australe a été sévèrement affectée) (National Drought Mitigation Center, 2000).

Pendant la saison humide, les précipitations d’Afrique australe oscillent entre 50 mm et plus de 1 000 mm. Les récentes tendances météorologiques ont toutefois été irrégulières et de graves sécheresses ont été enregistrées en 1967–73, 1981–83, 1986–87, 1991–92 et 1993–94. On a également observé des inondations dans la plus grande partie de l’Afrique australe en 1999–2000 (Chenje & Johnson, 1994 ; OMM, 2000).

La sécheresse de 1991-92 a été la plus grave jamais enregistrée, causant une réduction de 54 pour cent de la récolte de céréales et exposant 17 millions de personnes à un risque de famine (Calliham, Eriksen et Herrick, 1994). A lui seul, le Zimbabwe a importé 800 000 tonnes supplémentaires de maïs, 250 000 tonnes de blé et 200 000 tonnes de sucre (Makarau, 1992). La pénurie d’eau et d’électricité a provoqué une baisse de 9 pour cent de la production industrielle et de 6 pour cent des devises (Benson & Clay, 1994).

Le cyclone Eline, qui a frappé le sud-est de l’Afrique en 1999–2000, a touché 150 000 familles et a ravagé le Mozambique, où il a causé pour 273 millions d’USD de dégâts physiques et entraîné un déficit de production d’une valeur de 295 millions d’USD, ainsi que des importations de nourriture d’une valeur de 31 millions d’USD (Agence de presse nationale du Mozambique, 2000).

Les périodes sèches, les graves inondations et les interruptions des activités agricoles entre 1999 et 2000 n’ont laissé à l’Afrique australe que de maigres réserves de nourriture. Plusieurs pays de la sous-région ont dû faire face à une pénurie alimentaire (FAO, 2001a).

Stratégies de lutte contre la variabilité du climat en Afrique australe

La Communauté de développement d’Afrique australe (CDAA) a mis au point un programme d’action sous-régional de lutte contre la désertification en Afrique australe, conforme à la CNULD. Tous les pays de la sous-région d’Afrique australe sont parties à la CNULD et le Lesotho, le Malawi, le Swaziland, la Tanzanie et le Zimbabwe ont également produit des plans d’action nationaux (CNULD, 2001).

L’alerte rapide et les stratégies de réponse destinées à atténuer les effets de la variabilité du climat sont relativement bien développées dans la sous-région (Encadré 2a.4) et un fonds contre la sécheresse est en place afin d’atténuer les effets d’un déficit de pluviosité (Chimhete,1997). Pourtant, la surveillance, la recherche et les stratégies de préparation doivent être renforcées. Cette nécessité est révélée par la réponse observée dans le cas du cyclone Eline ; selon certaines sources, les systèmes d’alerte rapide n’ont pas fourni suffisamment d’informations sur l’étendue des effets du cyclone, ce qui a entraîné la mort de nombreuses personnes qui auraient pu être sauvées (CNN, 2000).

Encadré 2a.4 Alerte rapide en Afrique australe

L’unité régionale d’alerte rapide de la CDAA, l’unité régionale de détection à distance, le centre de contrôle des sécheresses et le Système d’alerte rapide sur la famine conseillent tous les gouvernements sur la préparation contre la sécheresse. Au cours de la sécheresse de 1991–92, l’unité a alerté les agences nationales et les donateurs à temps, permettant ainsi d’augmenter les importations de nourriture et de demander une aide alimentaire

Source:Masundire, 1993. Photo: UNEP