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| Le cyclone tropical Ando dans l’océan Indien EUMETSAT |
Les îles de l’ouest de l’océan
Indien se trouvent entre les tropiques, à l’exception d’une
petite partie de Madagascar, qui se prolonge sous le tropique du Capricorne.
Elles subissent chaque année une dizaine d’orages tropicaux ou
de cyclones, entre novembre et mai (quatre par an à
Madagascar). La sous-région connaît également des variations
inter-annuelles des précipitations, ainsi que des inondations et des
sécheresses régulières.
Bien que les systèmes d’alerte rapide soient bien développés dans les îles de l’ouest de l’océan Indien, la menace d’une augmentation de la variabilité du climat et d’une élévation du niveau de la mer du fait des changements climatiques est une question prioritaire et cause une grande inquiétude.
La pollution de l’air dans les zones urbaines commence à poser un problème pour la santé humaine et pour l’équilibre écologique de la sous-région. Une action préventive est indispensable.
Les cyclones, avec des vents soufflant à plus de 200 km/h, détruisent
les bâtiments légers, endommagent les câbles aériens,
déracinent les arbres et constituent une menace pour la vie et pour les
biens. Les cyclones provoquent également dans la sous-région une
forte houle qui entraîne à son tour une montée significative
des niveaux marins affectant les infrastructures littorales, comme les routes
et les établissements humains, fragilise la stabilité des plages
et provoque des creusements verticaux jusqu’à deux mètres
(Ragoonaden, 1997). Les fortes pluies provoquées par les cyclones entraînent
la destruction des récoltes et de la végétation, l’érosion
du sol et la contamination des réserves d’eau douce, mettant en
péril la vie des humains et de la faune. Au plus fort du cyclone, la
plupart des activités humaines extérieures doivent cesser, les
écoles et les lieux de travail ferment, il faut trouver des abris
d’urgence pour les personnes dont l’habitation a été
détruite ou endommagée et des demandes sont faites pour des programmes
d’aide à la communauté.
Au lendemain d’un cyclone, il se peut que les communautés soient provisoirement empêchées de reprendre une activité normale car des personnes, des animaux domestiques, des récoltes, des services et des bâtiments ont été perdus (PNUE, 1999). Dans certains cas, les dégâts sont si importants que les pays se trouvent dans l’obligation de demander une aide humanitaire internationale, comme ce fut le cas à Madagascar (FAO, 1984 ; DAH, 1994).
Le phénomène ENSO est également un facteur déterminant de la variabilité du climat observée dans la sous-région, causant des inondations et des sécheresses. Maurice, par exemple, est exposé à la sécheresse, particulièrement pendant la saison sèche, tandis que Madagascar est principalement affecté par la désertification, avec des orages de sable causant l’envahissement de l’intérieur du littoral par des dunes qui recouvrent les habitations et les récoltes (PNUE, 1999). Dans ces pays comme ailleurs dans la sous-région, la pression occasionnée par l’augmentation de la population entraîne l’utilisation de terres à faible rendement à proximité des cours d’eau, de dunes de sable et de terres récupérées sur la mer à des fins résidentielles et industrielles. Les conditions sur ces terres à faible rendement ou récupérées sont plus précaires que dans les autres zones et cet empiètement expose davantage de personnes et d’emplois aux risques associés aux effets des changements climatiques et des catastrophes naturelles.
Les récifs coralliens de la sous-région sont également exposés. En 1997 et 1998, le phénomène ENSO a déclenché une augmentation anormale de la température de l’air et de l’océan qui a entraîné la décoloration et la mort des récifs. Aux Seychelles, plus de 80 pour cent des récifs coralliens ont été perdus et, pendant la même période, une sécheresse prolongée a obligé les sociétés Seychelles Breweries et Indian Ocean Tuna Company à fermer (PNUE, 1999).
| Encadré 2a.3 Alertes et préparation en cas de cyclone à Maurice | |
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| Source: US Embassy in Maauritius 2001 |
Il est impossible de maîtriser les cyclones mais leurs effets sur la vie, les moyens de subsistance, les cultures et les infrastructures peuvent être réduits grâce à une préparation adéquate et à des alertes efficaces et précises par les services météorologiques. Maurice, par exemple, dispose d’un système d’alerte mis en place dans les années 1950, à un moment où l’économie de l’île était dominée par la production sucrière (culture très vulnérable face aux dégâts causés par les vents et les pluies accompagnant les cyclones). La croissance rapide de la population du pays et le développement de son économie et de son agriculture font qu’aujourd’hui davantage de personnes et d’infrastructures sont exposées aux effets des cyclones et le système est utilisé afin de donner une série d’alertes permettant d’organiser les mesures de préparation ou l’évacuation (Encadré 2a.3). Le système régional d’alerte en cas de cyclones tropicaux du sud-ouest de l’océan Indien est également en cours d’amélioration, de même que les systèmes d’observation et de télécommunication. Les météorologistes et les hydrologistes reçoivent une formation poussée sur les systèmes d’alerte rapide.
Les bâtiments à l’épreuve des cyclones deviennent courants dans la sous-région (créant accessoirement une demande de sable de construction qui, celui-ci étant extrait des plages, aggrave l’érosion et les dégâts causés au fragile équilibre écologique des récifs). Des cultures résistant au vent sont également développées sur les îles.
Les programmes régionaux peuvent contribuer à mieux se protéger des crises et y répondre, mais une collaboration intra-régionale efficace est indispensable afin d’assurer le partage des compétences techniques, de la formation, des informations, de la recherche, ainsi que la coopération dans la mise en œuvre des mesures nécessaires.