De grandes étendues de l’Afrique orientale sont arides et semiarides et des précipitations annuelles inférieures à 500 mm sont courantes. Il est très difficile de prévoir la quantité et la répartition des pluies d’une année sur l’autre, mais aussi en termes de répartition sur une année donnée (FAOSTAT, 2000). Ces conditions rendent la sous-région particulièrement vulnérable face aux conséquences des changements climatiques sur la production alimentaire et sur la sécurité des moyens de subsistance. Ces questions sont donc prioritaires.
La pollution de l’air ne pose pas actuellement de problème majeur dans la sous-région, les taux d’urbanisation et la production industrielle étant relativement faibles. Ces taux augmentent toutefois rapidement par rapport à d’autres parties de la région et des plans de développement à long terme efficaces sont nécessaires afin d’être préparés à une augmentation potentielle des émissions.
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| Effets de la sécheresse sur le sol PNUE |
Ces 30 dernières années, l’Afrique orientale a connu au
moins une grande sécheresse au cours de chaque décennie. Des sécheresses
graves se sont produites en 1973–74, 1984–85, 1987, 1992–1994
et 1999–2000 et certains signes prouvent que l’instabilité
climatique et la fréquence des sécheresses et leur intensité
sont en augmentation (FAOSTAT, 2000). Par exemple, les relevés établis
en Ouganda sur les années sèches et les années humides
entre
1943 et 1999 montrent une nette augmentation de la fréquence des années
très sèches au cours des 30 dernières années (Département
de la météorologie, 2000). Les relevés des précipitations
indiquent également que dans certaines parties de la sous-région,
la sécheresse de 2000 a été plus grave que celle de 1984
(DMC, 2000).
Les déficits persistants observés dans les précipitations en Afrique orientale ont eu des effets sérieux, parmi lesquels la perte totale des récoltes qui a provoqué l’augmentation des prix des produits alimentaires et la dépendance du Burundi, de l’Ethiopie, du Kenya et de l’Ouganda vis-à-vis de l’aide alimentaire (DMC, 2000). En Ethiopie, la sécheresse de 1984 a entraîné la mort d’environ un million de personnes, un million et demi de têtes de bétail ont péri et 8,7 millions de personnes en tout ont été affectées. En 1987, plus de 5,2 millions de personnes en Ethiopie, un million en Erythrée et 200 000 en Somalie ont été sérieusement affectées (DMC, 2000). La pénurie d’eau et le rationnement, la baisse continue de la quantité et de la qualité de l’eau, les conflits accrus autour des ressources en eau et l’assèchement de certains cours d’eau et petits réservoirs ont contribué à la mort du bétail par la faim, la soif et les maladies et ont déclenché des conflits portant sur les ceintures de pâturages
. Parmi d’autres effets observés dans la sous-région, on
trouve le faible niveau permanent des cours d’eau, des nappes souterraines
et des réservoirs, affectant l’hydrologie, la biodiversité
et l’utilisation de l’eau aux fins domestiques, industrielles et
agricoles. Le faible niveau des réservoirs a également réduit
le potentiel de production d’énergie hydraulique, conduisant à
l’introduction du rationnement de l’électricité dans
les secteurs domestique et industriel, ce qui a provoqué des interruptions
dans les activités économiques et une baisse de la production
de produits manufacturés. Ce fut le cas au Kenya où la faiblesse
des précipitations entre 1998 et 2000 a provoqué une réduction
de la production de courant hydraulique et a entraîné la nécessité
de recourir à des
programmes de rationnement stricts. La société électrique
kenyane aurait perdu 20 millions d’USD (IRI Climate Digest, 2000) et l’économie
a subi des pertes supplémentaires résultant de la fermeture forcée
de sites industriels.
Par contraste, quelques régions ont connu des précipitations supérieures à la moyenne, provoquées par le phénomène ENSO. L’événement ENSO très chaud observé au cours de la saison des pluies de 1997 a entraîné une pluviosité record dans certaines régions (en moyenne 5 à 10 fois supérieure à la normale dans de nombreuses régions) et des inondations catastrophiques. Des milliers de personnes ont dû être déplacées et les biens ont été sérieusement endommagés. En Ouganda, 525 personnes environ sont mortes et 11 000 autres ont dû être hospitalisées et traitées contre le choléra qui s’était déclaré suite aux inondations et aux glissements de terrain. Environ 1 000 autres personnes seraient mortes dans des accidents liés aux inondations et 150 000 ont dû quitter leur domicile (NEMA, 1999). Environ 40 pour cent des 9 600 km du réseau routier secondaire ougandais ont été détruits et tout le pays a souffert de déficits de récolte qui ont entraîné sa dépendance vis-à-vis des importations de nourriture et de l’aide alimentaire.