AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

AFRIQUE DU NORD

L’Afrique du Nord est l’une des régions les plus arides du monde, avec des précipitations très variables à la fois sur le plan temporel et sur celui de la distribution géographique. Les pays nord-africains sont également les plus urbanisés de la région et dépendent largement des combustibles

VARIABILITE DU CLIMAT EN AFRIQUE DU NORD

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Figure 2a.5 Inondations prévues dans le delta du Nil

Source : d’après Otto Simonette, PNUE/GRID Genève ; Prof. G. Sestini, Florence, Remote Sensing Center, Le Caire ; DIERCKE Weltwirtschaftsatlas

L’Afrique du Nord connaît des précipitations très variables et des sécheresses récurrentes. La sous-région ne reçoit que 7 pour cent des précipitations totales de l’Afrique et la distribution est inégale. L’Egypte, par exemple, ne reçoit que 18 mm de pluie par an (FAO, 1995), l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont connu 6 ou 7 années de sécheresse entre 1980 et 1993, et le Maroc a connu une sécheresse tous les trois ans au cours du siècle dernier (Swearingen & Bencherifa, 1996).

Les crues subites, montées de courte durée mais très rapides du niveau des cours d’eau ou remplissage des lits asséchés, sont caractéristiques de plusieurs pays africains. Suivant le plus souvent une brève et forte averse, les crues subites érodent rapidement les sols, en particulier là où les pentes ont été dégagées de leur couverture végétale naturelle (Swearingen & Bencherifa, 1996). En Egypte, les crues subites sont souvent accompagnées de coulées de boue qui peuvent se révéler plus désastreuses que les crues elles-mêmes (Nemec, 1991). Avant la construction du barrage d’Assouan, l’Egypte était victime de crues fréquentes au cours de la saison des pluies sur le plateau éthiopien (d’août à octobre) et de pénurie d’eau pendant les années où les précipitations étaient inférieures à la normale.

Swearingen et Bencherifa (1996) ont suggéré que le risque de sécheresse en Afrique du Nord avait augmenté surtout du fait de l’expansion de la culture de céréales aux pacages exposés à la sécheresse et de la réduction des systèmes de jachère. Ce processus a été encouragé pendant la période coloniale par des expropriations foncières massives et par le déplacement des paysans vers des terres à faible rendement. Il a également été influencé par les mesures d’incitation à la production de céréales, par la mécanisation de l’agriculture et par une demande accrue de nourriture associée à la croissance rapide de la population.

La sécheresse a une signification socio-économique majeure en Afrique du Nord, du fait de la prédominance de la culture de céréales non irriguée. En 1997, par exemple, la récolte de céréales algérienne a fortement diminué à cause d’une grave sécheresse. Au Maroc, la production agricole a enregistré des pertes en 1992, 1995 et 1997. La sécheresse aggrave également les effets du surpâturage, qui accroît la dégradation de la végétation naturelle et des sols. Le Nil et son delta ont été très affectés par la sécheresse du milieu des années 1980, qui a entraîné un déficit de la production provenant de l’agriculture et de la pêche et une chute du niveau du lac Nasser qui a exacerbé les problèmes d’irrigation que connaissait déjà le pays (Abdel-Rahman, Gad & Younes, 1994). Dans la région soudano-sahélienne, des centaines de milliers de personnes ont été victimes de la famine ou de maladies infectieuses, ou ont été déplacées (OFDA, 1987).