AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

CHANGEMENTS CLIMATIQUES

On prévoit que l’augmentation des températures à l’échelle mondiale entraînera une élévation du niveau de la mer accompagnée du déplacement des populations vivant dans les zones de faible altitude et de la disparition de quelques nations insulaires, de modifications et de réductions dans la production agricole ainsi que de la possibilité de voir survenir des événements climatiques tels que la sécheresse et les inondations plus fréquents et plus sérieux

Il est aujourd’hui reconnu que les changements climatiques posent un problème environnemental pressant à l’échelle mondiale. C’est le résultat d’une augmentation des températures moyennes provoquée par l’accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère terrestre, dont le plus important est le dioxyde de carbone rejeté au cours de la combustion des combustibles fossiles. Depuis le début de la révolution industrielle (autour de 1750), la combustion des combustibles fossiles et la production de ciment ont entraîné le rejet de quelque 270 milliards de tonnes de carbone dans le monde. La moitié de ces émissions ont eu lieu depuis le milieu des années 1970, même si une légère diminution de 0,3 pour cent a été constatée entre 1997 et 1998 (Marland, Boden & Andres, 2000).

On prévoit que l’augmentation des températures à l’échelle mondiale entraînera une élévation du niveau de la mer accompagnée du déplacement des populations vivant dans les zones de faible altitude et de la disparition de quelques nations insulaires, de modifications et de réductions dans la production agricole, ainsi que de la possibilité de voir, survenir des événements climatiques tels que la sécheresse et les inondations plus fréquents et plus sérieux et de voir évoluer la situation sanitaire avec l’apparition ou la réapparition de maladies à vecteur dans différentes régions.

Selon le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), la moyenne des températures à l’échelle mondiale a augmenté de 0,6 °C au cours du siècle dernier et la période 1990–99 a probablement été la décennie où les températures ont été les plus élevées depuis les années 1860 (GIEC, 2001a). En outre, les relevés indiquent que la couverture neigeuse et glacière a diminué et que le niveau des mers s’est élevé de 10 à 20 cm au cours du siècle dernier. Pour donner un exemple, le glacier du Kilimandjaro a diminué de 70 pour cent au cours du siècle dernier (WorldWatch Institute, 2000).

Les émissions de dioxyde de carbone africaines résultant de l’utilisation de combustibles fossiles sont faibles comparées à d’autres régions, à la fois en données absolues et par personne, comme le montre la figure 2a.3. Même si les émissions totales de la région ont augmenté pour atteindre 223 millions de tonnes de carbone en 1998 (soit huit fois le niveau de 1950), cette quantité reste inférieure aux émissions des Etats-Unis, de la Chine continentale, de la Russie, du Japon, de l’Inde ou de l’Allemagne. Les émissions par personne ont également été multipliées par trois au cours de la même période pour atteindre 0,3 tonnes de carbone, soit seulement 5,7 pour cent de la valeur comparable pour l’Amérique du Nord.

Seules quelques nations africaines sont responsables de la plus grosse partie des émissions de la région résultant de l’utilisation de combustibles fossiles: l’Afrique du Sud représente à elle seule 42 pour cent et 35,5 pour cent proviennent de trois pays : l’Egypte, le Nigeria et l’Algérie. Ce phénomène est illustré par la figure 2a.4 (Marland et al., 2000).

Click to enlarge

Figure 2a.3 Contribution de l’Afrique aux émissions mondiales de dioxyde de carbone, 1998

Source: CDIAC

Click to enlarge

Figure 2a.4: Sub-regional comparison of carbon dioxide emissions 1972-98

Source: CDIAC

Même si l’Afrique ne contribue que très peu aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, la région est extrêmement sensible aux effets des changements climatiques du fait de sa dépendance vis-à-vis de l’agriculture et de la limitation des ressources financières disponibles pour le développement de stratégies visant à atténuer ces effets. Le GIEC prévoit que la plus grande variabilité de la température et des cycles des précipitations en Afrique, et leur imprévisibilité, résultant des changements climatiques devrait affecter la surface des terres cultivables ou des pâturages et augmenter la fréquence des périodes de sécheresse et des inondations. Les récoltes de céréales devraient décliner du fait de la plus grande variabilité de la pluviométrie, particulièrement dans la Corne de l’Afrique et en Afrique australe, et le rythme de la désertification pourrait s’accroître (GIEC, 2001b). En Afrique centrale et dans certaines parties d’Afrique occidentale, on s’attend à une augmentation des précipitations et à une réduction des gelées entraînant une augmentation de la surface des terres cultivables, probablement aux dépens de l’habitat naturel.

Les changements climatiques pourraient également avoir un effet dévastateur sur les établissements humains et sur le développement des infrastructures en Afrique. Les zones littorales de faible altitude sont particulièrement exposées à l’élévation du niveau de la mer et de nombreux aménagements urbains littoraux ne sont pas conçus pour résister aux orages et aux inondations ou sont équipés de façon inadéquate. Le Golfe de Guinée, le Sénégal, l’Egypte, la Gambie, le littoral africain oriental et les îles de l’ouest de l’océan Indien sont particulièrement exposés en cas d’élévation du niveau de la mer (GIEC, 2001b).

L’environnement naturel africain pourrait également être sérieusement affecté par les changements climatiques, avec des effets comme la modification de la couverture sylvestre et de la distribution des prairies si la température augmentait d’1 °C ou plus. Cette modification pourrait à son tour entraîner des variations significatives dans l’abondance et la diversité des espèces. Les espèces vivant dans les zones arides, notamment, seront moins capables de s’adapter, existant déjà au seuil limite de leur tolérance environnementale (GIEC, 1998). On anticipe une extinction significative de la flore et de la faune, affectant la vie rurale et le tourisme (GIEC, 2001b). Par exemple, les bubales, les gnous et les zèbres du parc national Kruger (Afrique du Sud), du delta de l’Okavango (Botswana) et du parc national Hwange (Zimbabwe), pourraient se voir sérieusement menacés par la baisse des précipitations estimée à 5 pour cent qui devrait affecter la distribution des pâturages (WWF, 2000). Les environnements marins pourraient également être sérieusement affectés : une augmentation de la température marine de 1 à 2 °C pourrait entraîner une décoloration importante des coraux dans l’ouest de l’océan Indien, affectant les économies des pays littoraux et des îles.

Les changements climatiques constituent également une menace pour la santé humaine en Afrique, du fait de la réduction de l’alimentation et de l’expansion ou de la création possible de nouveaux habitats abritant des organismes porteurs de maladies comme les moustiques (GIEC, 1998). Des températures plus élevées et une modification de la pluviométrie pourraient exposer de nouvelles zones à des maladies comme le paludisme, la fièvre jaune, la dengue et la trypanosomiase (GIEC, 1998).