AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives
UNEP

PRESENTATION REGIONALE

En ce qui concerne l’atmosphère, l’Afrique est confrontée à trois questions primordiales :

VARIABILITE DU CLIMAT

Les précipitations relevées entre le début des années 1900 et le milieu des années 1980 témoignent d’une diminution de la pluviosité moyenne en Afrique depuis 1968, qui oscille autour d’un niveau moyen manifestement inférieur, comme le montre la figure 2a.2 (PNUE, 1985). Certaines observations démontrent également une augmentation de la fréquence et de la gravité des catastrophes naturelles au cours des 30 dernières années, la sécheresse au Sahel notamment

La notion de variabilité du climat désigne les variations saisonnières et annuelles en termes de températures et de précipitations au sein des régions ou pays ou entre ces régions ou pays. En Afrique, ces variations sont déterminées par les tendances dominantes affectant la température de la surface des océans, les vents atmosphériques et les fluctuations climatiques régionales entre l’océan Indien et l’océan Atlantique, ainsi que par le phénomène ENSO (El Niño Southern Oscillation, El Niño – oscillation australe), inversion naturelle des courants océaniques et des vents au large de l’Amérique du Sud se produisant régulièrement tous les deux à sept ans. L’occurrence d’un phénomène ENSO entraîne des précipitations supérieures à la moyenne pour certaines régions et inférieures à la moyenne pour d’autres.

L’Afrique se caractérise par des variations climatiques considérables, à la fois sur le plan spatial et temporel, et on y observe depuis des milliers d’années des phénomènes extrêmes tels que la sécheresse et les inondations (Verschuren, Laird & Cumming, 2000). La ceinture équatoriale connaît généralement de fortes pluies, alors que les pays d’Afrique du Nord, d’Afrique australe et de la Corne de l’Afrique sont habituellement arides ou semi-arides (Figure 2a.1). Toutes les parties de l’Afrique, même celles où les pluies sont habituellement abondantes, connaissent une variabilité du climat et des phénomènes extrêmes tels que la sécheresse ou les inondations. La plupart des pays d’Afrique orientale, centrale et australe, ainsi que les îles de l’ouest de l’océan Indien, sont affectés par le phénomène ENSO. En 1997–98, ce phénomène a déclenché une forte élévationde la température de la surface du sud-ouest de l’océan Indien, provoquant de fortes pluies, des cyclones, des inondations et des glissements de terrain dans la plupart des pays d’Afrique orientale, alors que le sud-ouest de la région rencontrait des conditions plus sèches. Les températures marines plus élevées ont également entraîné une décoloration importante des coraux du littoral oriental de l’Afrique et des îles de l’ouest de l’océan Indien (Obura, Suleiman, Motta, & Schleyer, 2000 ; PRE-COI, 1998).


Les précipitations relevées entre le début des années 1900 et le milieu des années 1980 témoignent d’une diminution de la pluviosité moyenne en Afrique depuis 1968, qui oscille autour d’un niveau moyen manifestement inférieur, comme le montre la figure 2a.2 (PNUE, 1985). Certaines observations démontrent également une augmentation de la fréquence et de la gravité des catastrophes naturelles au cours des 30 dernières années, la sécheresse au Sahel notamment (OFDA, 2000). Les sécheresses les plus étendues et les plus longues se sont produites en 1973 et en 1984 (années au cours desquelles presque tous les pays africains ont souffert de ce phénomène), ainsi qu’en 1992 même si dans ce dernier cas la sécheresse a principalement affecté l’Afrique australe. L’effet des sécheresses de 1984 et 1992 a été dans une certaine mesure atténué par le fait que certains pays étaient mieux préparés, même si la gravité des sécheresses ellesmêmes était plus importante (Gommes & Petrassi, 1996). Les pays les plus régulièrement affectés par la sécheresse sont notamment le Botswana, le Burkina Faso, le Tchad, l’Ethiopie, le Kenya, la Mauritanie et le Mozambique (FAO, 2001a).

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Figure 2a.1 Carte de la variabilité des précipitations en Afrique

Source : FAO/Centre Régional Aghrymet et ESRI

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Figure 2a.2 Fluctuations des précipitations en Afrique 1900–2000

Source : FAO


Les activités humaines, comme la déforestation et la gestion inadéquate des ressources en terres et en eau, peuvent contribuer à la fréquence et aux effets des phénomènes climatiques naturels. Le déboisement entrepris dans les forêts tropicales d’Afrique centrale et occidentale, par exemple, modifie le climat et les schémas de pluviosité locaux et augmente le risque de sécheresse. Le défrichage accroît le ruissellement et l’érosion du sol, alors que la construction de barrages et l’assèchement des zones humides réduisent la capacité naturelle de l’environnement à absorber l’excédent d’eau, aggravant ainsi l’effet des inondations.

En Afrique, la population, pour sa subsistance, et l’économie, pour ses exportations commerciales, dépendent largement d’une culture non irriguée et sont par conséquent vulnérables face aux fluctuations des précipitations. Obligés de cultiver des terres faiblement productives et incapables d’accumuler des réserves en prévision des moments difficiles, ce sont généralement les pauvres qui souffrent le plus des déficits de récolte provoqués par les inondations ou par la sécheresse. La malnutrition et la famine sont provoquées en Afrique aussi bien par la sécheresse que par les inondations et les importations de nourriture et la dépendance vis-à-vis de l’aide alimentaire qui y sont associées ont contribué à limiter la croissance économique des pays affectés. Parmi d’autres effets, on peut citer la perte des infrastructures et l’interruption des activités économiques, les épidémies et parfois les déplacements de population, à la fois internes ou internationaux. Au cours des 30 dernières années, des millions d’Africains ont cherché à se protéger des catastrophes naturelles, s’installant souvent dans des écosystèmes fragiles et/ou rencontrant des tensions sociales avec les communautés alentour. La sécheresse et les nondations ont un certain nombre de conséquences écologiques, comme la dégradation et la désertification des terres et la perte de l’habitat naturel ou encore la modification de la distribution de la biodiversité,l’accroissement de l’érosion du sol et l’ensablement des cours d’eau, des barrages et des écosystèmes du littoral.