Sur le plan environnemental, l’événement marquant de la dernière décennie fut la CNUED, ou Sommet de la Terre, organisé à Rio de Janeiro, au Brésil, en 1992. L’Afrique joua un rôle majeur aussi bien dans les préparatifs que dans la conférence elle-même. Par le biais de l’OUA, elle présenta la Position commune africaine sur l’environnement et le développement, qui mit en lumière les priorités de la région dans ces deux domaines. Les défis environnementaux auxquels sont confrontés l’Afrique et le reste du monde furent énoncés par le Secrétaire général des Nations Unies de l’époque, Butros Butros Ghali, lors du discours d’ouverture de la CNUED (Encadré 1.4).
La décision la plus significative du Sommet de la Terre
de 1992 fut sans doute celle qui consista à placer l’environnement
et le développement sur un pied d’égalité dans la
Déclaration de Rio. Celle-ci marqua en effet un véritable tournant
par rapport à la Conférence de Stockholm de 1972, qui accordait
une importance primordiale à l’environnement, malgré des
décisions révolutionnaires sur les questions politiques, sociales
et économiques. Alors que la Conférence de Stockholm avait défini
le droit à l’environnement, le Sommet de la Terre ne se contenta
pas de le réaffirmer. Il y ajouta le « droit au développement
», indispensable selon lui « pour satisfaire équitablement
les besoins des générations présentes et futures en matière
de développement et d’environnement ». Cette affirmation
fait écho au Traité d’Abuja de 1991 instituant la Communauté
économique africaine (voir Encadré 1.5),
qui définit les obligations de l’Afrique à l’égard
des ressources naturelles et du développement.
Continue sur la page suivante