Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a établi que la plupart des pays d’Afrique subsaharienne ont enregistré au cours de la dernière décennie un déclin du revenu par habitant provoqué par le VIH/SIDA. Dans nombre d’entre eux, l’épidémie a déjà eu un impact dévastateur sur de nombreux secteurs de développement tels que l’agriculture, la santé et l’éducation. Sur les 36 millions de personnes atteintes du VIH/SIDA dans le monde, plus de 23 millions, soit 64 pour cent, se trouvent en Afrique subsaharienne (Nations Unies, 2000). Dans cette même région, on estime que d’ici 2010, l’épidémie pourrait générer 40 millions d’orphelins.
La pauvreté englobe toute une série de privations, parmi lesquelles : l’accès insuffisant aux ressources naturelles, aux soins de santé et à l’éducation, l’incapacité à accéder au processus politique, la vulnérabilité aux catastrophes et la dénégation d’un certain nombre de possibilités et de choix fondamentaux pour le développement humain. La part de la population d’Afrique subsaharienne vivant en dessous du seuil de pauvreté est estimée à 40 pour cent, et la pauvreté ne cesse d’augmenter, que ce soit sur le plan humain ou en termes de revenus (PNUD, 1997). La pauvreté est un facteur clé de l’accélération de la dégradation de l’environnement dans la région. Les plus démunis dépendent en effet largement de la terre et de ses ressources pour leur subsistance. Dans leur combat désespéré pour la survie, ils sont contraints de surexploiter les ressources telles que les pêches, les forêts et l’eau. Or, la dégradation environnementale contribue fortement à de nombreuses menaces pour la santé telles que la pollution aquatique et atmosphérique, les problèmes d’hygiène et les maladies comme le paludisme.
L’indicateur du développement humain (IDH), élaboré par le PNUD, permet de mesurer la qualité de la vie. Il apparaît clairement dans le tableau 1.5 qu’en l’an 2000, aucun pays d’Afrique ne figurait dans le groupe de développement humain élevé. Un certain nombre d’entre eux présentaient un IDH moyen, tandis que la plupart se trouvaient dans le groupe de développement humain faible.
Il est aujourd’hui généralement admis par les gouvernements africains que l’objectif primordial du développement réside dans la réduction de la pauvreté à court terme et dans son éradication complète à long terme. La lutte contre la pauvreté nécessite un fort engagement politique, associé à des instruments spécifiques ciblant les segments les plus démunis de la société. Pour atteindre un taux de croissance moyen de 7 pour cent par an—qui permettrait, selon les estimations, de relancer l’économie africaine et de mettre la région sur la voie du développement durable—un investissement supplémentaire de 33 pour cent du PIB est nécessaire.
| Tableau 1.5 Classement des pays d’Afrique d’après leur indicateur du développement humain en 2000 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Source : PNUD, 2000 (Les chiffres entre parenthèses indiquent le classement mondial en termes d’IDH, qui va de 1 pour le Canada à 174 pour la Sierra Leone) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||