Malgré les efforts notables entrepris pour faire progresser la région, des revers ont également été essuyés au cours de la dernière décennie. Les guerres qui sévissent dans des pays tels que l’Angola, le Liberia, la Sierra Leone, l’Ethiopie/Erythrée et la République démocratique du Congo ont non seulement conduit à la résurgence du grave problème des réfugiés, mais ont également entraîné le pillage des ressources naturelles. Les Nations Unies ont publié un certain nombre de rapports sur la question et certains pays ont été sanctionnés pour le commerce clandestin de diamants et d’autres ressources minérales et naturelles.
Les pays africains ont par ailleurs pris des mesures audacieuses pour résoudre eux-mêmes les conflits au niveau régional. C’est ainsi que l’ECOMOG, Groupe de contrôle de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) qui constitue le bloc de défense sous-régional de l’Afrique occidentale, a joué un rôle clé dans la restauration de la paix au Liberia et en Sierra Leone. D’autres organismes similaires, tels que l’Organe de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) chargé des questions de politique, de défense et de sécurité, ont été mis sur pied pour assurer la sécurité à l’échelon sous-régional.
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| Figure 1.3 Résultats économiques de l’Afrique, 1965–2000 |
Les années 1990 furent également caractérisées par l’implication de l’Etat dans l’évolution de l’Afrique vers une économie de marché. C’est au cours de cette décennie que bon nombre de pays africains libéralisèrent leur économie et procédèrent à la privatisation de leur infrastructure publique. Les résultats furent mitigés ; dans l’ensemble, ces pays enregistrèrent des pertes d’emplois notables. La figure 1.3 illustre les résultats économiques de l’Afrique entre 1965 et 2000.
Au cours de la dernière décennie, de nombreux pays d’Afrique ont poursuivi les réformes économiques par le biais des PAS. Bien que la libéralisation ait pu relancer l’économie, certains signes laissent à penser que la croissance va entraîner une aggravation plutôt qu’une amélioration des conditions environnementales (PNUD/PNUE/Banque mondiale/WRI, 1996). La tendance générale entre 1995 et 1998 indique un déclin de la situation économique, avec une baisse du PNB par habitant. Des signes de reprise économique seraient toutefois perceptibles dans certains pays. Selon la Banque mondiale, pas plus de neuf des 48 pays de la région présentent un revenu annuel par habitant de plus de l 000 USD et seulement cinq d’entre eux—l’Afrique du Sud, le Botswana, le Gabon, Maurice et les Seychelles— dépassent les 2 500 USD (Kappel, 2001).