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| Figure 1.2 Exemples de conventions nternationales et nombre de pays articipants depuis le Plan d’action de Lagos de 1970 |
Sous l’impact des grandes tendances internationales, d’importantes
avancées positives eurent lieu dans toute l’Afrique dans les années
1990, notamment en matière de libéralisation politique. Le pluralisme
et l’obligation de rendre des comptes se répandirent plus que jamais.
Exerçant leur droit d’élire leurs gouvernements, les Africains
évincèrent du pouvoir les dictatures à parti unique et
les régimes militaires. Des dirigeants acceptant le verdict des urnes
prirent peu à
peu leur place. La plupart des pays assistèrent à un renforcement
de la société civile, avec d’importants mouvements de décentralisation
et une participation populaire accrue au processus de développement.
Les années 1990 furent marquées par une nouvelle évolution du modèle de développement de l’Afrique. La « vraie question » de la décennie fut centrée sur la bonne gouvernance. L’un des principaux événements politiques de la dernière décennie du XXe siècle fut l’abolition de l’apartheid en Afrique du Sud. La sortie de prison de Nelson Mandela en février 1990 est peut-être l’image qui restera le plus longtemps dans les esprits comme le symbole de cette décennie en particulier et du processus de décolonisation en général. Les premières élections démocratiques du pays, qui eurent lieu en 1994 et portèrent au pouvoir le premier président Noir d’Afrique du Sud, marquèrent globalement la fin de la décolonisation de l’Afrique, même si de nombreux points chauds subsistent dans la région.
Entre 1992 et 2002, l’OUA reconnut également l’importance de la coopération en matière de gestion environnementale. Elle conclut de vastes accords, tels que les Articles 56–59 du Traité instituant la Communauté économique africaine, qui portent sur les ressources naturelles, l’énergie, l’environnement et la gestion des déchets dangereux (PNUE, 1999). L’OUA et de nombreux gouvernements africains adoptèrent des instruments et des constitutions nationales reconnaissant l’environnement comme un droit fondamental. Ceci est peut-être une conséquence directe de la Conférence de Stockholm de 1972, qui affirmait dans son Principe 1 le droit de l’être humain à évoluer « dans un environnement dont la qualité lui permet de vivre dans la dignité et le bien-être ».
Un certain nombre d’institutions régionales et sousrégionales ont été crées en Afrique dans les années 1990 pour l’élaboration et le renforcement des programmes de développement durable. Certaines de ces institutions et de ces initiatives sont présentées dans les paragraphes suivants.
Les efforts de renforcement de la coopération régionale dans le domaine du développement durable comme dans celui de l’exploitation et de la gestion raisonnées des ressources naturelles et de l’environnement n’ont jamais été aussi exhaustifs et aussi globaux que dans le cadre du Traité instituant la Communauté économique africaine, adopté par les membres de l’OUA en juin 1991 à Abuja. Ce Traité vise à garantir l’harmonisation et la coordination des politiques de protection de l’environnement entre les Etats membres. Les objectifs de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), qui fut créée à Harare en 1997, consistent à promouvoir le développement économique, social et culturel ainsi que l’intégration des économies africaines, afin d’accroître l’indépendance économique et de favoriser un développement autonome. Le Traité d’Abuja contraint plus précisément les parties à :
| « Le lien entre les changements climatiques, la désertification et la pauvreté constitue une grave préoccupation pour notre continent. Tous nécessitent une action planétaire. » Ketumile Masire, Président du Botswana, parlant au nom
du président de l’Organisation de l’unité
africaine lors du Sommet de la Terre de Rio, 3 au 14 juin 1992 |