| « L’environnement est l’affaire de tous, le développement est l’affaire de tous, la vie est l’affaire de tous. Selon moi, la solution réside dans l’éducation environnementale des masses permettant des décisions démocratiques et éclairées, car si les décisions sont prises par une minorité, sans prendre en compte l’opinion du plus grand nombre, et notamment des ONG, il est peu probable que la situation s’améliore. » Joseph Ouma, Doyen de l’Ecole d’études environnementales de l’Université de Moi, lors d’une séance publique de la CMED à Nairobi, Kenya, en septembre 1986 |
La Stratégie mondiale de la conservation (SMC), élaborée en 1980 par l’Union mondiale pour la nature (UICN), introduisit pour la première fois le concept de développement durable. La SMC encouragea les gouvernements africains à élaborer leurs propres stratégies nationales de conservation, satisfaisant ainsi l’un des objectifs de la Conférence de Stockholm de 1972, à savoir l’incorporation des considérations environnementales dans la planification du développement. Même si de tels documents d’orientation politique devinrent monnaie courante, en particulier dans les années 1980, l’environnement ne fut pas immédiatement intégré à l’activité générale, comme le montre la faiblesse des budgets annuels alloués à la gestion de l’environnement.
Créée en 1983 en réponse à la résolution 38/161 de l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU), la CMED se vit confier le mandat suivant :
Chargée par l’AGNU de formuler « Un programme mondial pour le changement » en matière d’environnement et de développement, la CMED définit les Perspectives environnementales suivantes : examiner les problèmes dans leurs relations avec les défis du développement social et économique, fixer des objectifs en vue d’un développement durable et respectueux de l’environnement et encourager les Etats, les organisations internationales, l’industrie, les institutions financières et les ONG à prendre des mesures spécifiques pour atteindre ces objectifs (PNUE/OUA, 1991).
La CMED, ou Commission Brundtland, popularisa le développement durable dans son rapport publié en 1987, « Notre avenir à tous ». Sa définition du développement durable—un développement répondant aux besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins—fait désormais partie du vocabulaire environnemental.
Le processus adopté par la CMED popularisa également la participation du public aux questions environnementales par l’organisation de nombreuses réunions publiques en Afrique et dans d’autres régions développées ou en développement. Certaines des actions recommandées par la CMED pour les pays d’Afrique sont présentées dans l’encadré 1.3.
| Encadré 1.3 Principaux enjeux pour l’Afrique | |
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| Source : PNUE/OUA, 1991 |